vendredi 8 novembre 2013

2ème semaine : la demande


A)  Les trois types de demandes

Tout demande. La terre, le ciel, les animaux, les plantes et peut-être les anges… tout demande. Le petit enfant demande à sa mère sa nourriture, sa propreté. Il pleure et elle lui répond. Elle lui donne ce qui lui manque. L’herbe, l’arbre réclament à la terre, à l’eau, au soleil de quoi pouvoir grandir. Mais pour l’homme la demande est de trois niveaux qui correspondent aux trois âges de la vie spirituelle :
1)      L’enfant demande pour lui-même.
2)      L’adolescent demande pour les autres.
3)      L’adulte demande pour Dieu.
(a)  La demande pour soi-même
Mais attention, il ne faut pas durcir ces catégories. Cela n’est qu’une image. Mais regarde : L’enfant est centré sur lui-même. C’est normal il commence par découvrir son pied, sa main, sa peluche… Aussi, son univers est centré sur lui. Avant de pouvoir nourrir, il faut qu’il soit nourri. Sa loi est de recevoir, alors, il demande. Et il demande en fonction de son évolution. Lorsqu’il ne fait que manger et dormir, il ne demande que le repos et la nourriture.
Jésus insiste beaucoup sur cette demande. Non seulement lorsqu’il rappel que nous donnons de bonnes choses à nos enfants qui nous les demandent[1]. Mais aussi, par son exemple. Ainsi avant de faire un miracle il interroge toujours le malade : «Que veux-tu que je fasse pour toi ? [2]» C’est particulièrement visible dans le passage de l’aveugle de Jéricho. L’homme crie déjà vers Jésus. Mais Lui pose la question, ou plutôt il suscite, il invite, à la demande. Non pas qu’il ne sache pas que l’homme est aveugle mais il en donne la raison : «Va, ta foi t'a sauvé». La question, la demande claire, exprimée à haute voix crée. Car ce n’est pas seulement la foi de celui qui offre qui agit, mais c’est la foi de celui qui demande.
Ceci est encore visible avec saint Pierre. Lorsqu’il voit Jésus marcher sur les eaux, il lui demande que lui aussi marche sur les eaux et à l’appel de Jésus, il y va. Or, il doute et il s’enfonce. Ce n’est pas l’action de Jésus qui faiblit ; c’est Pierre qui manque de foi. Ce manque de foi, Jésus le reproche de nombreuses fois aux disciples. Et eux lui demandent de l’augmenter. Les apôtres dirent au Seigneur: «Augmente en nous la foi»[3]. Toute chose dépend d’une autre et l’homme dépend de Dieu.
Mais attention, la demande que je fais pour moi ne doit pas être un moyen de m’enorgueillir comme le fait le pharisien[4]. Elle doit, à l’imitation de la prière du publicain, être le lieu de l’humilité : reconnaître mes limites, ma dépendance par rapport aux autres et à Dieu.
(b) La demande pou les autres
Les demandes sont donc importantes tant que le manque en nous existe, tant que nous ne sommes pas Unifiés, tant que nous ne sommes pas Un avec Dieu[5].
Il y a un deuxième type de prières, celles que l’on adresse à Dieu pour les autres. L’enfant réclame pour lui. À l’age suivant, le cœur s’ouvre, il se fait plus large et les autres y trouvent une place. Bien sur, cet élargissement se fait progressivement. Au début les choses sont un peu mêlées. Les autres sont MA famille, MES amis, Mes relations de classe ou de travail… Puis la gratuité augmente et le « petit moi » disparaît au profit de ceux qui sont vraiment autres, ceux que l’on ne reverra pas, ceux que je n’ai fait que croiser, ceux que je n’ai jamais vus. En réalité ce n’est pas le « petit moi » qui diminue, c’est mon cœur, mon être entier qui s’unit au Tout Autre. Un des plus bels exemples de cette demande nous est donné par Abraham[6]. Il s’agit de son intercession pour sauver Sodome de la destruction. Les Anges viennent d’annoncer à Abraham la réalisation de la promesse qu’il avait reçue lorsqu’il avait tout quitté pour répondre à l’appel de Dieu. Mais il ne reste pas à sa joie. Dès que Dieu lui dit son intention de détruire Sodome, Abraham intercède. Son cœur ne se replie pas sur lui-même, mais il s’ouvre toujours d’avantage à la souffrance et au malheur des hommes. La demande pour les autres est profitable non seulement à celui pour qui il est demandé, mais aussi à l’ensemble de la création. Elle élève la terre entière et rapproche le ciel. Car elle nous fait entrer dans le Plan Divin qui est gratuité et Amour.
Attention la prière pour les autres ne doit être une fuite de moi-même. Je suis moi aussi à l’intérieur du cercle de demandes.
(c)  La demande pour Dieu
Enfin, le troisième type est la demande pour Dieu. Certains pourraient être surpris, voir choqués d’une telle proposition. Dieu n’a pas de demande puisqu’il est Dieu. Tout vient de Lui. Tout Lui appartient alors pourquoi une telle demande ? En réalité c’est le Christ qui nous y invite dans le « Notre Père » Les trois premières demandes de cette prière sont pour la gloire du Père :

Que Ton Nom soit sanctifié
Sur la terre comme au ciel
Que Ton Règne vienne
Que Ta Volonté soit faite

Et nous retrouvons cette demande dans la prière de Jésus à son Père juste avant la Passion[7]. Donne-t-on à un enfant blasé qui pense que tout est à lui ? Non, il ne pourrait accueillir le don qui lui est fait. Il n’en reconnaîtrait pas la vraie valeur. « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles aux porcs, de peur qu'ils ne les piétinent et que, se retournant, ils ne vous déchirent. »[8]
Sans demande, il n’y a pas de place pour accueillir le don. Les Juifs espéraient la venue du Messie. Mais ils attendaient à l’époque du Christ un homme qui les libère de l’oppresseur romain. Il n’y avait pas de place pour la liberté que le Christ apportait, pour une liberté intérieure avant d’être extérieure. Alors, les chefs des prêtres ne l’ont pas reconnu et l’ont tué. La demande pour Dieu ouvre le cœur non plus à la dimension cosmique (comme la demande pour les autres) mais à la dimension Divine. Elle nous fait entrer dans le regard qu’Il porte sur tout être, sur toute chose.
Vient un temps où la demande pour Dieu reste la seule prière. Un temps où toutes les autres demandes n’ont plus de sens que dans cette Unique demande : « que Ton règne Vienne ». Cependant, Dieu comble le désir et le besoin de celui qui travaille à la venue de son règne car l’ouvrier mérite son salaire[9]. C’est le moment, l’instant éternel où la prière est constante car l’homme s’unit à Dieu et lui parle comme à un ami qu’il ne quitte pas. C’est l’invitation que fait saint Paul lorsqu’il nous dit de prier sans cesse[10]. C’est l’instant éternel et joyeux où :
« L'Esprit et l'épouse disent: Viens!
Que celui qui entend dise: Viens!
Que celui qui a soif vienne,
Que celui qui le veut reçoive de l'eau vive, gratuitement. »[11]

Mais attention, il ne s’agit pas de dire : je veux être à tel âge ou à tel niveau de demande. Non, c’est un acte du cœur, de tout l’être, qui est pris par la demande, et non la volonté seule qui voudrait être à tel ou tel niveau. Si je veux avancer, il convient de me respecter ; ce respect ne veut pas dire mollesse.

 


B)  Écouter les demandes

Comme nous l’avons vu plus haut, tout demande ! « Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu: livrée au pouvoir du néant - non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'a livrée,- elle garde l'espérance, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. »[12] Et je ne peux être sourd à son appel, à son cri qui supplie la délivrance.
En donnant à l’homme le pouvoir de nommer les animaux, Dieu l’a impliqué dans la création[13]. L’homme est à la fois créature et co-créateur. Je dois donc écouter les demandes multiples qui sont là, en attente. Par ailleurs, ces demandes sont souvent pour moi des révélateurs de qui je suis. Elles me font découvrir une force, une capacité que je ne me connaissais pas. Elles me forcent à sortir de mes habitudes. S’il t’est demandé quelque chose qui te semble difficile, accepte-le comme un don, et ne doute pas de toi-même. Prie, ainsi la force de l’Esprit Saint te sera donnée. Bien sûr, cela demande d’être disponible. Mais tu verras que tout deviendra plus facile. Plus tu es unifié et mieux les demandes t’indiquent ton chemin personnel. Il est unique et personne ne l’a encore foulé. Car il t’est réservé dés avant la création. Écoute les demandes. Vas-t-on chez le boucher pour trouver des fleurs ? Cueille-t-on du raisin sur le figuier ? Peut-être penses-tu que beaucoup ont déjà fait ce que tu fais. Ne le crois pas. Tu es unique. Tu es le seule à avoir ce sourire, ce regard de l’âme, à donner et à poser la main de cette façon… Car ton histoire avec Dieu, avec toi, avec les autres, avec la création est unique. Tous attendent TA réponse.

Mais n’oublie pas de rendre grâce, de remercier pour les demandes que tu fais et celles qui te sont faites et que tu reçois.


C) L’exercice de la semaine

L’exercice de la semaine sera double : regarder mes demandes, puis écouter les demandes. Durant toute la semaine, je dis le « Notre Père » avant et après l’exercice en écoutant bien ce que je dis.
1)      Regarder mes demandes : durant la première partie de la semaine (2 jours), je vais regarder quelles sont mes demandes de chaque jour dans la vie courante mais aussi celles qui me tiennent très à cœur. Puis, je les repartirai en trois groupes (pour moi, pour les autres, pour Dieu) Les demandes sont variées ne l’oublions pas. Cela va de ce qui est le plus matériel (la vaisselle, le ménage…) à la prière en passant par les études…Nous sommes un et nous tendons vers cette unité.
ATTENTION attendre la fin du 2ème jour pour lire la suite

2)      Écouter les demandes : l’exercice est en point :
1)      Écouter les demandes qui me sont faites. Encore une fois elles sont variées. Mais il ne faut pas se contenter des demandes exprimées, mais regarder aussi tous les appels silencieux (la fleur qui a besoin d’eau, la chaise cassée, le regard de la vieille dame…).Attention : Écouter et répondre aux demandes ne veut pas dire « faire à la place ».
2)      Demander : à partir du constat des demandes que j’ai fait en 1ère partie de la semaine, ouvrir mon éventail de demande. Si je ne demandais que pour moi, je demanderais 2 choses pour les autres et une pour Dieu.    
Attention : Lorsque je demande, je m’ouvre. Je dois donc être prêt à recevoir même ce que je n’attends pas des autres ou de Dieu.
Sorti nu du ventre de ma mère, nu j'y retournerai. Le SEIGNEUR a donné, le SEIGNEUR a ôté: Que le nom du SEIGNEUR soit béni»! Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l'accepterions-nous pas aussi»?[14]


C)  Les méditations de la semaine

L’aveugle de Jéricho (Lc 18, 35 - 43)
1)      La situation de départ : Un homme aveugle, mendie. Il demande de l’argent. Puis, il demande aux gens ce qui se passe, il entre en relation. Puis, cherche à entrer en relation avec Jésus. Face à cette  triple quête (matérielle, relationnelle, spirituelle) Jésus retourne la situation : c’est lui qui demande.
2)      La demande : «Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit: «Seigneur, que je retrouve la vue».
3)      La réponse : Jésus lui dit: «Retrouve la vue. Ta foi t'a sauvé». Mais non seulement l’aveugle voit, mais le peuple aussi voit les merveilles de Dieu et rend grâce.

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Saint Pierre marche sur les eaux (Mtt. 14, 22 - 33)
1)      La situation de départ : Après la multiplication des pains, Jésus demande aux disciples de traverser le lac. Malgré leurs efforts ceux-ci n’avancent pas à cause du vent contraire et de la tempête. Jésus vient à eux en marchant sur les eaux. Les disciples ont peur. Mais aussitôt Jésus leur parla: «Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur. »
2)      La demande : Pierre demande à Jésus : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
3)      La réponse : Pierre marche sur l’eau,  puis il doute et enfin il demande à Jésus d’être sauvé. Il est sauvé. Jésus lui reproche son manque de foi. Tous Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui et lui dirent: «Vraiment, tu es Fils de Dieu»

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La prière d’intercession d’Abraham (Gn. 18, 16 - 33)
1)      La situation de départ : Abraham vient d’apprendre que Dieu va lui donner un fils. Dieu dit à Abraham qu’il va anéantir Sodome car « La plainte contre Sodome et Gomorrhe est si forte, leur péché est si lourd. »
2)      La demande : Abraham intercède auprès de Dieu pour demander que la ville ne soit pas détruite. Il faut entendre le « marchandage » d’Abraham, cette demande, répétée et de plus en plus exigeante, montre la miséricorde de Dieu.
3)      La réponse : « Je ne détruirai pas à cause de ces 10 justes. »

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Prière de Moïse au Moment du veau d’or (Ex 32, 7 - 14)
1)      La situation de départ : Le peuple Hébreu, ne voyant pas Moïse redescendre de la montagne, se pervertit et se fabrique une idole : le veau d’or. Dieu avertit Moïse en lui disant : « ton peuple s'est corrompu, ce peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte… » 
2)      La demande : Moïse répond, en rappelant que c’est Dieu qui a agi. Il demande donc à Dieu de revenir de sa colère pour deux raisons, qui sont pour sa gloire : mauvaise réputation auprès des égyptiens et la promesse faite aux pères.
3)      La réponse :. « Et le SEIGNEUR renonça au mal qu'il avait dit vouloir faire à son peuple.»

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Prière de Jésus à son Père (Jn 17)
1)      La situation de départ : Jésus depuis le chapitre 11 est condamné par les chefs du peuple. Il va livrer sa vie pour réunir dans l'unité les enfants de Dieu qui sont dispersés[15].
2)      La demande : le Christ présente tous les hommes et se présente lui-même dans un acte d’offrande au Père.
3)      La réponse : …chaque jour Il nous donne de nous unifier… chaque jour nous rejetons ou nous acceptons.


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LE 7ème Jour : Daniel 3, 51 à 90

«Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, et loué et exalté à jamais!
Et béni soit le saint nom de ta gloire : Loué soit-il et exalté à jamais!

Béni sois-tu dans ton saint Temple de gloire, et célébré et glorifié à jamais.
Béni sois-tu, toi qui scrutes les abîmes en siégeant sur les chérubins,
loué et exalté à jamais!
Béni sois-tu sur le trône de ta royauté, et célébré et exalté à jamais!
Béni sois-tu dans le firmament du ciel, et célébré et exalté à jamais!



Toutes les œuvres du Seigneur,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Cieux, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Anges du Seigneur,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Toutes les eaux qui êtes au-dessus du ciel,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Toutes les armées du Seigneur,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!

Soleil et lune, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Étoiles du ciel, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Pluie et rosée, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Tous les vents, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Feu et brûlure, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Froid et chaleur, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Rosées et orage, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Gel et givre, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Glace et neige, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Éclairs et nuées, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Nuits et jours, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!

Lumière et ténèbres,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Montagnes et collines,
bénissez le Seigneur; Célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Toutes les plantes de la terre,
bénissez le Seigneur; Célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Mers et fleuves, bénissez le Seigneur; Célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Sources, bénissez le Seigneur, Célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Poissons et bêtes de la mer,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Tous les oiseaux du ciel,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Bêtes sauvages et bestiaux,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Fils des hommes,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!

Israël, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!

Prêtres, bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Serviteurs du Seigneur,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Esprits et âmes des justes,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Saints et humbles de cœur,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Hananya, Azarya et Mishaël,
bénissez le Seigneur, célébrez-le et exaltez-le à jamais!
Car il nous a délivrés des Enfers et sauvés de la main de la Mort;
Il nous a tirés du milieu de la fournaise de flamme ardente.

Rendez grâce au Seigneur, car il est bon,car éternelle est sa miséricorde.

Tous les adorateurs du Seigneur,
bénissez le Dieu des dieux; Célébrez-le et rendez-lui grâce,
car éternelle est sa miséricorde»!

Que la terre bénisse le Seigneur, qu'elle le célèbre et l'exalte à jamais!







[1] Mtt, 7, 7 à 11 // Lc. 11, 9 à 13
[2] Mc 10.51
[3] Lc 17.5
[4] Lc 18.10 et suivant
[5] Jn. 17,23
[6] Gn 18
[7] Jn 17
[8] Mt 7.6
[9] Lc 10, 1 à 7
[10] 1 Th 5.17
[11] Ap 22.17
[12] Rm 8.19 et suivant
[13] Gn 2.20
[14] Jb 1.21 et 2, 10
[15] Jn. 11, 52

1ere semaine : Mes peurs


A)  un peu d’histoire

Le premier sentiment qui apparaît après la chute originelle est la Peur. Peur de l’autre, et l’homme et la femme se font des pagnes avec des feuilles de figuier. Peur de Dieu, et ils se cachent. Pourquoi ont-ils peur ? Car, ils découvrent, ils voient la distance qui existe entre eux. Le fruit qu’ils ont mangé les a séparés. Le savoir qu’ils ont avalé s’est retourné contre eux au lieu de co-naître (de naître avec) ils ont appris le manque. Manque de confiance, manque de communion, manque d’unité…
Les peuples d’autrefois, lorsqu’ils étaient jeunes, avaient de nombreuses peurs. Peur que le ciel ne tombe, peur que la nuit les dévore, peur que le soleil ne se lève pas… Peur de tout ce qui était inconnu. Les enfants parfois encore connaissent cette peur, et bien souvent elle les préserve du danger. Les anciens faisaient un dieu avec toutes ces forces qu’ils ne comprenaient pas, ils n’en perçaient pas le mystère. C’est ainsi que les Grecs ont constitué leur Panthéon. Ils offraient des sacrifices et respectaient les lois propres à chacun. Le peuple Juif découvrira peu à peu, avec la révélation, que plus que la peur c’est la crainte de Dieu qui doit animer le cœur de l’homme.
L’homme moderne en perçant les secrets de la nature a cru qu’il connaîtrait le Mystère de Dieu. Et il a délaissé la crainte respectueuse de Dieu, alors la peur le cerne de plus près. Il ne craint plus Dieu mais il a peur de lui-même, de son semblable, de son frère, de la nature… de tout ce dont il était le maître et qui maintenant le terrifie.


B)  Quelques notions :

La peur a de multiples visages mais en dehors de la crainte de Dieu, qui est révérence et respect, nous distinguerons 2 types : la Peur passive et la peur active. Mais elles sont une.
(a)  Peur passive
La peur est bonne, elle est donnée par Dieu (puisqu’Il est l’Unique Source de la création). Mais elle n’est pas du niveau de l’homme, elle est de l’animal. Pour l’animal, la peur est salutaire. Si la souris a peur, elle se fait manger. Si l’enfant n’a pas peur du feu, il met le feu à la maison… Ainsi, la peur est éducatrice pour le règne animal. Pour l’homme aussi Dieu l’utilise pour enseigner. Ainsi, par 2 fois, Abraham fait passer sa femme pour sa sœur, car il a peur pour sa vie ; par 2 fois, Dieu fait peur aux rois qui ont prit Sara afin qu’ils la rendent à Abraham.
Cette histoire nous montre que le mensonge est peur. Et que cette peur est manque de confiance. Manque de confiance en l’Autre qui au regard terrestre semble plus fort que moi. Manque de confiance en Dieu qui peut protéger (Abraham a pourtant reçu la promesse de Dieu). Manque de confiance en moi qui suis digne du respect de l’autre. Notre cœur a peur tant qu’il n’est pas Totalement uni à Dieu car la peur indique le manque, indique le fossé qui sépare des autres, de Dieu, de moi, de toute la création.
(b) Peur active
Mais si la peur peut-être un « démarreur », un élément qui permet de se mettre en marche, elle est aussi destructrice car en elle siège le Trompeur. Ainsi, Pilate condamne Jésus par peur des Juifs. Les Juifs condamnent Jésus par peur des Romains (Jn 11, 48). Le coupable a peur de l’innocent. Le propriétaire a peur du pauvre, de l’étranger car il lui rappel qu’il n’est qu’un passant sur cette terre et que rien ne lui appartient qu’il n’ait reçu. Alors, pour vaincre sa peur au lieu de rentrer en lui-même, comme tu le fais maintenant, il cherche à détruire l’autre comme Pharaon voulu le faire aux Hébreux (Ex. 1,10)
C’est pour cela que toute la bible est traversée par ce cri :
« N’ayez pas peur »

C)  Un exemple

Avec un cheval c’est comme avec notre corps, si nous en avons peur il devient le maître. Il nous conduit là où nous ne voulons pas aller. Parfois, nous résistons un peu puis nous nous relâchons et il nous domine. S’il veut galoper, il part même sans prévenir et rien ne l’arrête. Mais notre peur ne doit être un obstacle. Mieux, elle est à notre service pour mieux aimer le cheval ou notre corps.
Certains le voient comme un ennemi. Ils refusent de le regarder, de le laver et quand ils le lavent, c’est le minimum pour qu’il vive. D’autres l’aiment beaucoup et passent de longues heures à le soigner, le peigner, lui apporter toutes les attentions possibles, mais la peur qu’ils en ont fait qu’ils ne savent pas l’utiliser correctement. Alors, ils le font admirer ou le dénaturent, mais il n’est pas fait pour cela il est fait pour servir.
Alors, à quoi sert la peur ? Elle est là pour te mettre en garde, pour te dire : « Attention, ne fais pas n’importe quoi tu es fragile ». Bien sûr, apparemment il est fort et beau. Mais cette force et cette beauté sont faites pour servir. Sinon, elles se retourneront contre toi et deviendront destructrices. Le monde, l’univers entier est régi par cette loi du service. Vois la douleur t’indique le mal après la blessure, la peur te le signale avant. Mais est-ce que parce que tu t’es blessé en coupant du pain tu ne prendras plus de pain ? Non, tu fais attention, voilà tout.

Toutes les peurs sont là pour nous enseigner, nous montrer la route. C’est pour cela qu’il nous faut les reconnaître.


D)  L’exercice de la semaine

Cette semaine tu vas regarder les peurs qui t’habitent cela demande de ne pas se mentir, de ne pas avoir peur de la vérité. Mais La Vérité est aussi le Chemin. Alors Confiance.
Regarde
1) les peurs de chaque jours, celles de ton quotidien ordinaire.
2) celles que tu vis plus profondément, dans ton âme, dans ton corps, dans tes sentiments, dans ton esprit.       
3) enfin comment vivais-tu les peurs lorsque tu étais plus jeune, quand tu étais petit ? Et sont-elles toutes parties ? Qu’en reste-t-il ?

Le 7ème jour tu peux te demander : Est-ce que je crains Dieu ? Et comment je le crains ? Comme un esclave à peur de son seigneur ? Comme une fiancée craint de déplaire à son fiancé ? Comme un serviteur qui fait la joie de maître ?

Après les exercices, fais le tableau suivant :

Nom de la peur
Cause de la peur
Effets de la peur




Si tu ne vois pas ni les effets, ni la cause tu peux le noter. Encore une fois, les exercices sont personnels il n’y a pas de bonnes et de mauvaises réponses. Tu le fais pour toi.


E)   Les méditations de la semaine


Pour chaque jour, voici une piste de lecture des textes à méditer. Certains soulignent plusieurs peurs. Demandes-toi à chaque fois : Quel manque cette peur met en lumière ? Encore une fois note tes questions et n’hésite pas à me les donner, je suis là pour ça.
Commence ta prière par une invocation à l’Esprit Saint.

La peur d’Adam (Gn 3)
1)      La situation de départ : L’homme (homme et femme) en mangeant le fruit du savoir brise l’Unité qu’il avait avec Dieu, avec son partenaire, avec la création.
2)      La peur : « L'homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin » alors que Dieu se promène tranquillement. La peur, ici, est une fuite. Voir la fuite de soi (avec le refus de la responsabilité : Ce n’est pas moi c’est l’autre) fuite de l’autre (en se protégeant avec des feuilles) fuite du Tout Autre (en se cachant dans le jardin)
3)      La réponse : Regarder la réponse de Dieu comme un chemin d’opposition à la peur. Ils se cachent de la présence de Dieu, Dieu les chasse du Jardin où Il demeure. Même chose dans les rapports entre l’homme et la femme.

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La peur d’Abram face à Pharaon (Gn 12, 10 à 20)
1)      La situation de départ : Abram vient de s’entendre dire par Dieu : « Sois en bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, qui te bafouera je le maudirai ; En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » Et il va de campement en campement. Puis, la famine le conduit en Égypte.
2)       La peur : Abram en arrivant en Égypte à peur pour sa vie et ne regarde plus sa femme comme source de vie et de sa joie, mais comme un danger de mort. Par peur des Égyptiens, il cache qui est Sara et qui il est.
3)      La réponse : Au lieu d’être une bénédiction Abram devient une malédiction : « Que m'as-tu fait là ? » Lui dit Pharaon. A cause de cette peur et de ce mensonge les rôles sont inversés. C’est pharaon qui devient bénédiction pour Abram et Abram qui apporte le malheur chez Pharaon.

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La peur d’Abimélek face à Abraham (Gn. 20, 1 à 18)
1)      La situation de départ : Le roi de Gérar, Abimélek, fait enlever Sara. Car elle est belle et il croit qu’elle n’est que la sœur d’Abraham et non sa femme.
2)      La peur : Dieu fait peur à Abimélek en le menaçant de mort. « Abimélek se leva de bon matin, convoqua tous ses serviteurs et les mit au courant de toute cette affaire; Ses gens eurent grand-peur. »
3)      La réponse : Abimélek reproche à Abraham son action mauvaise : «Qu'avais-tu en vue en faisant cela ? » Puis, découvre quelque chose de la grandeur de Dieu et accueille Abraham comme un signe de bénédiction pour son pays.

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La peur des Juifs (Jn 11, 1-54)
1)      La situation de départ : Jésus ressuscite Lazare et beaucoup de Juifs croient en lui.
2)      La peur : Les Juifs se disent : « les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation ». Aussi, l’un d’eux remarque : « C’est votre avantage qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière »
3)      La réponse : Cette peur les enferme sur eux-mêmes et ils n’entendront pas les demandes de Pilate et se limiteront à crier la mort de Jésus. Mais dès que les grands prêtres et leurs gens le virent, ils se mirent à crier : «Crucifie-le! Crucifie-le»! Les grands prêtres dont la vocation est de bénir réclament la mort. Comme pour Abram la peur conduit à un inversion de la vocation.

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La peur de Pilate (Mtt 27,11 à 26)
1)      La situation de départ : Pilate est le gouverneur. C’est lui qui représente l’autorité romaine, l’autorité de l’empereur César. C’est lui qui juge et il a un pouvoir de vie et de mort. Il découvre que Jésus est innocent et sa femme l’invite à ne pas « se mêler aux affaires de ce juste ».
2)      La peur : Les grands Prêtres ont peur de la foule.
3)      La réponse : Pilate refuse de remplir sa mission. Voyant que cela ne servait à rien, mais que la situation tournait à la révolte, Pilate prit de l'eau et se lava les mains en présence de la foule en disant: «Je suis innocent de ce sang. C'est votre affaire»!



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LE 7ème Jour : Si 1, 11 à 20

La crainte du Seigneur est gloire et fierté,
joie et couronne d'allégresse.
La crainte du Seigneur réjouit le cœur,
donne joie, gaîté et longue vie.
Pour qui craint le Seigneur, tout ira bien à la fin,
au jour de sa mort, il sera béni.
Le commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
pour les fidèles, elle a été créée avec eux dans le sein maternel.
Parmi les hommes elle a fait son nid, fondation d'éternité,
avec leur descendance elle restera fidèlement.
La plénitude de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
elle enivre les hommes de ses fruits.
Leur maison tout entière, elle la remplit de ce qu'ils désirent
et leurs greniers de ses produits.
La couronne de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur
qui fait fleurir la paix et la bonne santé.
Elle fait pleuvoir la science et la connaissance intelligente,
elle exalte la gloire de ceux qui la possèdent.

La racine de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
et ses rameaux sont une longue vie.