Il nous faut maintenant aborder la question du péché.
Cette semaine est peut-être la plus difficile de toute cette première période.
Mais encore une fois aie confiance, laisse-toi guider et tu trouveras l’unité
et la paix pour ta vie.
A) Le
goût de la Vie
Le péché détruit le goût. Petit à petit les saveurs
s’atténuent, elles s’éloignent et disparaissent. Doucement, tu perds l’appétit
de la Vie.
Évidemment, ce n’est pas d’un seul coût que le dégoût entre dans ta vie, dans
ton histoire. Même si un jour tu te l’élèves sans le désir de chanter, de
sourire. Un peu comme un automate, tu avanceras. Alors bien souvent tu vas
vouloir prouver que tu es vivant. Le prouver à toi-même, bien sûr, mais aussi
aux autres, à la face du monde. Pas par des actes extraordinaires, mais
simplement en vivant des expériences plus fortes. En t’asphyxiant par ton travail, par des responsabilités qui
te prendront de plus en plus de temps, de disponibilité. En t’ensevelissant
dans ton corps et en cherchant de nouvelles sensations (alcool, sexe, drogue…)
et sans aller jusque là que cherches-tu avec ta cigarette ?
David nous montre bien cet enfermement dans le péché. Dans
son aventure avec Bethsabée, il fait tout pour que l’affaire ne soit pas
ébruitée (le trompeur agit toujours dans l’ombre). Pour que son image ne soit
pas salie il va jusqu’à faire tuer un de ses preux guerriers. L’amour que David
avait pour Bethsabée est terni par la mort.
Si le péché détruit en toi le goût de la vie, c’est qu’il
te fait habiter dans l’habituel. Pour l’enfant, chaque coucher de soleil est
unique, chaque plante, tout être est unique et occasion d’émerveillement. Celui
qui s’émerveille se garde du mal. La nuit n’existe que lorsque la lumière
disparaît. Comment les ténèbres entreraient dans le soleil? De même les
ténèbres t’envahissent lorsque tu ne rayonnes plus de la joie, et que tu veux
garder pour toi la lumière. Si le soleil n’éclaire plus, quelle tristesse!
B) Le
lieu du salut
Dans la genèse, Adam est dans un jardin. C’est dans un
jardin qu’il désobéit, qu’il se cache. C’est dans le même jardin que Dieu vient
le chercher, que Dieu demande : « Où
es-tu ? ». C’est dans un jardin encore que Jésus se laisse arrêter
pour être condamné, et enfin c’est dans un jardin qu’il ressuscite. Ainsi le
lieu où l’homme s’est séparé de Dieu devient le lieu où Dieu retrouve l’homme.
Le lieu où Il vient à sa rencontre. Le lieu où, non seulement, Il lui redonne
sa dignité première mais il va plus loin en lui pardonnant, en faisant de
l’homme un fils, un temple sacré où Il demeurera. Cette question Dieu ne cesse
de te la poser. Il a même envoyé Son Fils à ta rencontre : « Où es-tu ? ». Bien sûr, toi aussi,
comme les premiers disciples de Jésus, tu lui as demandé « où demeures-tu ?[1] ».
Et ta recherche fut même plus forte dans les moments difficiles. Lorsque dans
la nuit, tu criais à Dieu « Où étais-Tu quand ma femme, mon frère, mon
enfant, sont morts ? Où es-tu quand les hommes s’entretuent ? Où
demeures-tu, quand ma femme, mon mari, les amis me trahissent et que je reste
seul ? … » Mais cette rencontre ne peut être que dans ce Jardin que
tu veux fuir. Ce lieu où tu te caches, de toi (en premier), des autres, et de
Dieu.
Es-tu responsable, par tes fautes, de tous les malheurs
qui te frappent ? Est-ce Dieu ? Mais nous savons depuis Job et l’Ecclésiaste
que « Tout est pareil pour tous, un
sort identique échoit au juste et au méchant, au bon et au pur comme à l'impur,
à celui qui sacrifie et à celui qui ne sacrifie pas ; Il en est du bon comme
du pécheur, de celui qui prête serment comme de celui qui craint de le faire.[2] »
Regarde une toile d’araignée. Elle est faite de telle manière que lorsqu’une
petite secousse se produit à un endroit toute la toile vibre, elle est
solidaire de cette vibration. Si tu élèves un endroit, toute la toile s’élève,
si tu l’abaisses, tout s’abaisse. Or, il en va de même pour les hommes. Nous
sommes en communion les uns avec les autres dans le malheur comme dans le
bonheur. Ainsi lorsque tu te fais du mal, ce n’est pas seulement à toi que tu
fais du mal mais à tous.
C)
Le
péché damnation ou enseignement ?
Si la première faute est celle d’Adam, le péché le plus
scandaleux est la mise à mort de Jésus-Christ. Et pourtant c’est parce que le
Christ est mort que nous avons connu sa résurrection. Saint Augustin ira
jusqu’à dire : « bienheureuse faute qui nous a valu un tel
rédempteur. » En effet, il y a trois manières de regarder le péché que je
commets. Les deux premières m’enferment, la troisième m’enseigne.
Soit, tu ne reconnais pas tes fautes et tu te penses libre
et vierge de tout mal. Ceci t'enchaîne dans le mensonge. Tu n’es pas vrai
devant toi, devant les autres, la création, Dieu. C’est l’exemple du peuple
hébreu qui fatigué d’attendre que Moise descende de la montagne se donne un
dieu qu’il fabrique de toute pièce. De la même façon, lorsque tu te fabriques
de faux prétextes pour justifier ce que tu sais être un mal.
Soit, je reconnais mon péché mais en le regardant comme
des pierres qui viennent faire peser la balance du jugement et finissent par me
damner. C’est ainsi que Juda va se pendre. Juda n’a pas compris que l’acte
qu’il a posé (livrer Jésus) apporte le salut à tous les hommes et révèle de
manière éclatante l’infinie bonté de Dieu pour l’humanité. Il ne voit pas toute
la portée de son acte. S’il avait attendu 4 jours, il aurait vu la merveille de
la Résurrection. Toi
aussi bien souvent tu juges ton comportement soit avec douceur (on vient de le
voir) soit trop durement. Mais le jugement appartient à Celui qui est. Remets
tout dans ses mains, tu ne seras jamais trop loin pour lui… Tu sais
La troisième et dernière possibilité face au péché est
celle de saint Pierre. Comme Juda, il a trahit Jésus, 3 fois il l’a renié. Mais
au lieu de se pendre, il sort et il
pleure. Il pleure sur lui-même, sur sa faute, sa lâcheté… Alors, après sa
résurrection, Jésus vient le chercher. Lui redire son amour. Lui donner une
nouvelle Vie, une vie au service de tous les hommes.
Le péché est maladie. Pour guérir, il faut
reconnaître que l’on est malade, puis se soigner grâce au médecin qui est là
pour nous.
D) L’exercice
de la semaine
Cette semaine l’exercice, comme pour les semaines
précédentes, se déroulera en trois temps :
1)
Avant toutes choses, les trois premiers jours :
Quel est ton goût de la Vie ,
pour la Vie ?
Regarde là où tu avais du goût et où aujourd’hui tu ne l’as plus ?
Particulièrement les goûts les plus simples de la vie ordinaire, ces petits
gestes (manger, marcher, être présent où je suis…) de notre existence qui transforme
notre vie lorsqu’ils sont posés avec Amour. Quel goût a ta vie ?
2)
Maintenant : regarde tes fautes, ces lieux où Dieu
vient à ta recherche où te caches-tu ? Ce lieu peut être aussi bien dans ton
corps, ton âme, ton esprit, tes sentiments. Regarde ensuite : de qui,
réellement, te caches-tu ? De toi-même, de l’autre (mari, femme, fiancer…) des
autres (les amis, les collèges de travail), de Dieu ? Et demande pardon.
3)
Enfin, regarde toutes ces fautes, tous ces péchés qui
sont autant de poids qui pèsent sur tes épaules et demande-toi en quoi elles
sont des damnations et en quoi elles t’enseignent. Cette question est difficile
là plus que pour les autres semaines je t’invite à te faire aider de ton
accompagnateur. Et ne pas te mentir. Ici plus ailleurs, nous avons tendances à
fuir à ne pas nous regarder en face… courage.
Que la Paix de Dieu te guide sur ce
chemin de purification et d’Amour.
E) Les
méditations de la semaine
Le double péché de David (2 S 11)
1)
La situation
de départ : Tandis que son armée combat pour lui, David est séduit par
la beauté de Bethsabée, la femme de Uri le Hittite. Uri est un des preux du roi
David.
2)
Le
péché : David couche avec Bethsabée et celle-ci devient enceinte.
3)
L’enfermement :
David tente de corrompre Uri
pour camoufler sa faute. Mais ce dernier, refuse de prendre du repos et de
dormir dans le palais tandis que ses compagnons d’armes sont sous des tentes.
David le fait tuer pour cacher son péché
*
* *
David reconnaît son péché (2 S 12, 1 à 13)
1)
La situation
de départ : David pense que personne ne connaît son crime. Mais
Nathan, le prophète, vient le trouver et le met devant ses actes. Il lui
annonce la mort de l’enfant de Bethsabée. Dieu est maître de la vie et de la
mort.
2)
La
libération : David reconnaît sa faute et demande pardon à Dieu. Il
chante le Psaume 51 (50) et implore la miséricorde de Dieu
3)
La
réponse : David épouse Bethsabée, et de leur union naît un nouveau
fils : Salomon, le sage.
*
* *
Le veau d’or (Ex. 32,)
1)
La situation
de départ : Israël est dans le désert, il attend le retour de Moïse qui est sur la montagne. Le Peuple a
déjà l’expérience de Dieu. Il a traversé la mer rouge à pied sec…
2)
Le
péché :
3)
La
réponse :
*
* *
L’enfermement de Judas (saint Matthieu. 27, 3 - 5)
1)
La situation
de départ : Judas livre Jésus. On ne connait pas les intention de Judas lorsqu'il livre Jésus mais il commet l'acte et le reconnait
2)
Le
péché : Judas le dit lui-même : "J'ai péché en livrant un sang innocent"
3)
L’enferment : Judas ne crois que Jésus peut le sauver et s'enferme dans l'acte qu'il a poser et choix la mort.
*
* *
La libération de saint Pierre (Jn 21, 1 à 19)
1)
La situation
de départ : saint Pierre à renier 3 fois Jésus au moment de son
procès. Après la résurrection, il part à la pêche et retrouve Jésus après une
pêche miraculeuse.
2)
L’enseignement :
3 fois Jésus demande à Pierre : « M’aimes-tu ?»
rappelant ainsi la triple trahison et lui montrant la voie de son salut. Pierre
ne peut donc pas s’enorgueillir, ni condamner qui que ce soit car il a lui-même
posé des actes qu’il ne voulait pas. Après cela il peut entendre Jésus
l’appeler.
3)
La
réponse : « Suis-moi »
*
* *
LE 7ème Jour : Psaume 51 (50) :
Miserere
Pitié pour moi, mon Dieu, dans
ton amour
Selon ta grande miséricorde
efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma
faute, purifie-moi de mon offense.
Car je reconnais mes torts,
j'ai toujours mon péché devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai
péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait,
Ainsi tu peux parler et montrer
ta justice, être juge et montrer ta victoire
Voici, je suis né dans la faute
j’étais pécheur dés le sein de ma mère.
Voici, tu veux au fond de moi
la vérité, tu me fais connaître la sagesse.
Purifie avec l'hysope et je
serai pur;
Lave-moi, et je serai plus
blanc que la neige
Fais que j'entende l'allégresse
et la joie,
Ils danseront, les os que tu
broyais.
Détourne-toi de mes fautes,
enlèves tous mes péchés.
Crée pour moi un cœur pur, Dieu
; Affermis en moi un esprit neuf.
Ne me rejette pas loin de toi,
ne me reprends pas ton esprit saint;
Rends-moi la joie d'être sauvé,
que l'esprit généreux me soutienne!
J'enseignerai ton chemin aux
pécheurs, les égarés reviendront vers toi.
Mon Dieu sauveur, libère-moi du
sang; que ma langue crie ta justice!
Seigneur, ouvre mes lèvres, et
ma bouche proclamera ta louange.
Tu n'aimerais pas que j'offre
un sacrifice,
Tu n'accepterais pas
d'holocauste.
Le sacrifice qui plait à Dieu,
c'est un esprit brisé;
Tu ne rejettes pas un cœur brisé et broyé.
Accorde le bonheur à Sion,
rebâtis les murs de Jérusalem.
Alors tu aimeras de justes
sacrifices, oblations et holocauste;
Alors on offrira des taureaux
sur ton autel.
Prière d’offrande
Père, aujourd’hui je remets ma vie entre tes mains pour te
servir à l’image de Jésus-Christ, l’Unique Serviteur, Notre Seigneur.
Voici mes pieds, attache-les à la
croix de ton Fils pour qu’ils suivent Son Chemin
Voici ma tête couvre-la de Son
Humilité pour
Que j’accomplisse Ta volonté
Que mes yeux montrent Ta Lumière
Que ma bouche proclame Ton Verbe.
Que j’accomplisse Ta volonté
Que mes yeux montrent Ta Lumière
Que ma bouche proclame Ton Verbe.
Voici mes mains transperce-les de
Ta grâce pour que sans fin elles se lèvent pour bénir et guérir.
Voici mon cœur ouvre en lui cette
blessure qui permettra à ton Amour de jaillir et de se répandre sur tous les
hommes.
Voici tout mon être fait qu’il
rayonne de Ta Joie.
Enfin, Père infiniment bon, je t’offre toutes mes
relations familiales et amicales, ces rencontres d’un instant ou d’une vie.
Fais que nous édifiant les uns les autres nous devenions des saints et que
rempli de ta paix nous illuminions le monde, par Jésus ton Fils.

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