vendredi 8 novembre 2013

5ème semaine : Le péché

Il nous faut maintenant aborder la question du péché. Cette semaine est peut-être la plus difficile de toute cette première période. Mais encore une fois aie confiance, laisse-toi guider et tu trouveras l’unité et la paix pour ta vie.


A)   Le goût de la Vie

Le péché détruit le goût. Petit à petit les saveurs s’atténuent, elles s’éloignent et disparaissent. Doucement, tu perds l’appétit de la Vie. Évidemment, ce n’est pas d’un seul coût que le dégoût entre dans ta vie, dans ton histoire. Même si un jour tu te l’élèves sans le désir de chanter, de sourire. Un peu comme un automate, tu avanceras. Alors bien souvent tu vas vouloir prouver que tu es vivant. Le prouver à toi-même, bien sûr, mais aussi aux autres, à la face du monde. Pas par des actes extraordinaires, mais simplement en vivant des expériences plus fortes. En t’asphyxiant  par ton travail, par des responsabilités qui te prendront de plus en plus de temps, de disponibilité. En t’ensevelissant dans ton corps et en cherchant de nouvelles sensations (alcool, sexe, drogue…) et sans aller jusque là que cherches-tu avec ta cigarette ?
David nous montre bien cet enfermement dans le péché. Dans son aventure avec Bethsabée, il fait tout pour que l’affaire ne soit pas ébruitée (le trompeur agit toujours dans l’ombre). Pour que son image ne soit pas salie il va jusqu’à faire tuer un de ses preux guerriers. L’amour que David avait pour Bethsabée est terni par la mort.
Si le péché détruit en toi le goût de la vie, c’est qu’il te fait habiter dans l’habituel. Pour l’enfant, chaque coucher de soleil est unique, chaque plante, tout être est unique et occasion d’émerveillement. Celui qui s’émerveille se garde du mal. La nuit n’existe que lorsque la lumière disparaît. Comment les ténèbres entreraient dans le soleil? De même les ténèbres t’envahissent lorsque tu ne rayonnes plus de la joie, et que tu veux garder pour toi la lumière. Si le soleil n’éclaire plus, quelle tristesse!

B)   Le lieu du salut

Dans la genèse, Adam est dans un jardin. C’est dans un jardin qu’il désobéit, qu’il se cache. C’est dans le même jardin que Dieu vient le chercher, que Dieu demande : « Où es-tu ? ». C’est dans un jardin encore que Jésus se laisse arrêter pour être condamné, et enfin c’est dans un jardin qu’il ressuscite. Ainsi le lieu où l’homme s’est séparé de Dieu devient le lieu où Dieu retrouve l’homme. Le lieu où Il vient à sa rencontre. Le lieu où, non seulement, Il lui redonne sa dignité première mais il va plus loin en lui pardonnant, en faisant de l’homme un fils, un temple sacré où Il demeurera. Cette question Dieu ne cesse de te la poser. Il a même envoyé Son Fils à ta rencontre : « Où es-tu ? ». Bien sûr, toi aussi, comme les premiers disciples de Jésus, tu lui as demandé « où demeures-tu ?[1] ». Et ta recherche fut même plus forte dans les moments difficiles. Lorsque dans la nuit, tu criais à Dieu « Où étais-Tu quand ma femme, mon frère, mon enfant, sont morts ? Où es-tu quand les hommes s’entretuent ? Où demeures-tu, quand ma femme, mon mari, les amis me trahissent et que je reste seul ? … » Mais cette rencontre ne peut être que dans ce Jardin que tu veux fuir. Ce lieu où tu te caches, de toi (en premier), des autres, et de Dieu.
Es-tu responsable, par tes fautes, de tous les malheurs qui te frappent ? Est-ce Dieu ? Mais nous savons depuis Job et l’Ecclésiaste que « Tout est pareil pour tous, un sort identique échoit au juste et au méchant, au bon et au pur comme à l'impur, à celui qui sacrifie et à celui qui ne sacrifie pas ; Il en est du bon comme du pécheur, de celui qui prête serment comme de celui qui craint de le faire.[2] » Regarde une toile d’araignée. Elle est faite de telle manière que lorsqu’une petite secousse se produit à un endroit toute la toile vibre, elle est solidaire de cette vibration. Si tu élèves un endroit, toute la toile s’élève, si tu l’abaisses, tout s’abaisse. Or, il en va de même pour les hommes. Nous sommes en communion les uns avec les autres dans le malheur comme dans le bonheur. Ainsi lorsque tu te fais du mal, ce n’est pas seulement à toi que tu fais du mal mais à tous. 


C)   Le péché damnation ou enseignement ?

Si la première faute est celle d’Adam, le péché le plus scandaleux est la mise à mort de Jésus-Christ. Et pourtant c’est parce que le Christ est mort que nous avons connu sa résurrection. Saint Augustin ira jusqu’à dire : « bienheureuse faute qui nous a valu un tel rédempteur. » En effet, il y a trois manières de regarder le péché que je commets. Les deux premières m’enferment, la troisième m’enseigne.
Soit, tu ne reconnais pas tes fautes et tu te penses libre et vierge de tout mal. Ceci t'enchaîne dans le mensonge. Tu n’es pas vrai devant toi, devant les autres, la création, Dieu. C’est l’exemple du peuple hébreu qui fatigué d’attendre que Moise descende de la montagne se donne un dieu qu’il fabrique de toute pièce. De la même façon, lorsque tu te fabriques de faux prétextes pour justifier ce que tu sais être un mal.
Soit, je reconnais mon péché mais en le regardant comme des pierres qui viennent faire peser la balance du jugement et finissent par me damner. C’est ainsi que Juda va se pendre. Juda n’a pas compris que l’acte qu’il a posé (livrer Jésus) apporte le salut à tous les hommes et révèle de manière éclatante l’infinie bonté de Dieu pour l’humanité. Il ne voit pas toute la portée de son acte. S’il avait attendu 4 jours, il aurait vu la merveille de la Résurrection. Toi aussi bien souvent tu juges ton comportement soit avec douceur (on vient de le voir) soit trop durement. Mais le jugement appartient à Celui qui est. Remets tout dans ses mains, tu ne seras jamais trop loin pour lui… Tu sais
La troisième et dernière possibilité face au péché est celle de saint Pierre. Comme Juda, il a trahit Jésus, 3 fois il l’a renié. Mais au lieu  de se pendre, il sort et il pleure. Il pleure sur lui-même, sur sa faute, sa lâcheté… Alors, après sa résurrection, Jésus vient le chercher. Lui redire son amour. Lui donner une nouvelle Vie, une vie au service de tous les hommes.
Le péché est maladie. Pour guérir, il faut reconnaître que l’on est malade, puis se soigner grâce au médecin qui est là pour nous.


D)  L’exercice de la semaine

Cette semaine l’exercice, comme pour les semaines précédentes, se déroulera en trois temps :

1)      Avant toutes choses, les trois premiers jours : Quel est ton goût de la Vie, pour la Vie ? Regarde là où tu avais du goût et où aujourd’hui tu ne l’as plus ? Particulièrement les goûts les plus simples de la vie ordinaire, ces petits gestes (manger, marcher, être présent où je suis…) de notre existence qui transforme notre vie lorsqu’ils sont posés avec Amour. Quel goût a ta vie ?

2)      Maintenant : regarde tes fautes, ces lieux où Dieu vient à ta recherche où te caches-tu ? Ce lieu peut être aussi bien dans ton corps, ton âme, ton esprit, tes sentiments. Regarde ensuite : de qui, réellement, te caches-tu ? De toi-même, de l’autre (mari, femme, fiancer…) des autres (les amis, les collèges de travail), de Dieu ? Et demande pardon.

3)      Enfin, regarde toutes ces fautes, tous ces péchés qui sont autant de poids qui pèsent sur tes épaules et demande-toi en quoi elles sont des damnations et en quoi elles t’enseignent. Cette question est difficile là plus que pour les autres semaines je t’invite à te faire aider de ton accompagnateur. Et ne pas te mentir. Ici plus ailleurs, nous avons tendances à fuir à ne pas nous regarder en face… courage.


Que la Paix de Dieu te guide sur ce chemin de purification et d’Amour.




E)   Les méditations de la semaine


Le double péché de David (2 S 11)
1)      La situation de départ : Tandis que son armée combat pour lui, David est séduit par la beauté de Bethsabée, la femme de Uri le Hittite. Uri est un des preux du roi David.
2)      Le péché : David couche avec Bethsabée et celle-ci devient enceinte.
3)      L’enfermement : David tente de corrompre Uri pour camoufler sa faute. Mais ce dernier, refuse de prendre du repos et de dormir dans le palais tandis que ses compagnons d’armes sont sous des tentes. David le fait tuer pour cacher son péché

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David reconnaît son péché (2 S 12, 1 à 13)
1)      La situation de départ : David pense que personne ne connaît son crime. Mais Nathan, le prophète, vient le trouver et le met devant ses actes. Il lui annonce la mort de l’enfant de Bethsabée. Dieu est maître de la vie et de la mort.
2)      La libération : David reconnaît sa faute et demande pardon à Dieu. Il chante le Psaume 51 (50) et implore la miséricorde de Dieu
3)      La réponse : David épouse Bethsabée, et de leur union naît un nouveau fils : Salomon, le sage.

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Le veau d’or (Ex. 32,)
1)      La situation de départ : Israël est dans le désert, il attend le retour de Moïse qui est sur la montagne. Le Peuple a déjà l’expérience de Dieu. Il a traversé la mer rouge à pied sec…
2)      Le péché :
3)      La réponse :
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L’enfermement de Judas (saint Matthieu. 27, 3 - 5)
1)      La situation de départ : Judas livre Jésus. On ne connait pas les intention de Judas lorsqu'il livre Jésus mais il commet l'acte et le reconnait 
2)      Le péché : Judas le dit lui-même :  "J'ai péché en livrant un sang innocent" 
3)      L’enferment : Judas ne crois que Jésus peut le sauver et s'enferme dans l'acte qu'il a poser et choix la mort.



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La libération de saint Pierre (Jn 21, 1 à 19)
1)      La situation de départ : saint Pierre à renier 3 fois Jésus au moment de son procès. Après la résurrection, il part à la pêche et retrouve Jésus après une pêche miraculeuse.
2)      L’enseignement : 3 fois Jésus demande à Pierre : « M’aimes-tu ?» rappelant ainsi la triple trahison et lui montrant la voie de son salut. Pierre ne peut donc pas s’enorgueillir, ni condamner qui que ce soit car il a lui-même posé des actes qu’il ne voulait pas. Après cela il peut entendre Jésus l’appeler.
3)      La réponse : « Suis-moi »


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LE 7ème Jour : Psaume 51 (50) : Miserere

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour
Selon ta grande miséricorde efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Car je reconnais mes torts, j'ai toujours mon péché devant moi.

Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait,
Ainsi tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire
Voici, je suis né dans la faute j’étais pécheur dés le sein de ma mère.
Voici, tu veux au fond de moi la vérité, tu me fais connaître la sagesse.

Purifie avec l'hysope et je serai pur;
Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige
Fais que j'entende l'allégresse et la joie,
Ils danseront, les os que tu broyais.

Détourne-toi de mes fautes, enlèves tous mes péchés.
Crée pour moi un cœur pur, Dieu ; Affermis en moi un esprit neuf.
Ne me rejette pas loin de toi, ne me reprends pas ton esprit saint;
Rends-moi la joie d'être sauvé, que l'esprit généreux me soutienne!

J'enseignerai ton chemin aux pécheurs, les égarés reviendront vers toi.
Mon Dieu sauveur, libère-moi du sang; que ma langue crie ta justice!
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera ta louange.

Tu n'aimerais pas que j'offre un sacrifice,
Tu n'accepterais pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plait à Dieu, c'est un esprit brisé;
Tu  ne rejettes pas un cœur brisé et broyé.

Accorde le bonheur à Sion, rebâtis les murs de Jérusalem.
Alors tu aimeras de justes sacrifices, oblations et holocauste;
Alors on offrira des taureaux sur ton autel.





Prière d’offrande


Père, aujourd’hui je remets ma vie entre tes mains pour te servir à l’image de Jésus-Christ, l’Unique Serviteur, Notre Seigneur.

Voici mes pieds, attache-les à la croix de ton Fils pour qu’ils suivent Son Chemin
Voici ma tête couvre-la de Son Humilité pour
Que j’accomplisse Ta volonté 
Que mes yeux montrent Ta Lumière   
Que ma bouche proclame Ton Verbe.
Voici mes mains transperce-les de Ta grâce pour que sans fin elles se lèvent pour bénir et guérir.
Voici mon cœur ouvre en lui cette blessure qui permettra à ton Amour de jaillir et de se répandre sur tous les hommes.
Voici tout mon être fait qu’il rayonne de Ta Joie.

Enfin, Père infiniment bon, je t’offre toutes mes relations familiales et amicales, ces rencontres d’un instant ou d’une vie. Fais que nous édifiant les uns les autres nous devenions des saints et que rempli de ta paix nous illuminions le monde, par Jésus ton Fils.



[1] Jn 1.38
[2] Qo 9.2

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