vendredi 8 novembre 2013

3ème semaine : La Joie

Voici la 3ème semaine, peut-être te demande-tu si ce travail est vraiment utile et les choses ont l’air un peu décousues. Aie confiance. Chaque chose prendra sa place le moment venu. Mais le fait d’avancer peut éclairer des points déjà regardés. Note-les et avance. Ne fuit pas dans l’habituel.


A)  La distinction Joie et Plaisir

Avant de te parler de la Joie, je vais te parler du plaisir. Le plaisir est apparence de Joie. Or tu aspires de toutes tes forces au bonheur. La plus petite de tes cellules désire cette joie. Aussi, quand tu vois l’apparence de Joie, tu peux te tromper. Le Trompeur utilise le plaisir pour te détourner de la vraie Joie. La Joie se reçoit, le plaisir se prend. Ne dit-on pas : « je prends plaisir à faire telle ou telle action »? Le plaisir est partiel il y a des plaisirs sexuels, des plaisirs de l’intelligence, gastronomiques, physiques…
La Joie est une. Elle saisit tout l’être. Mieux elle unifie la personne, la construit dans son unité (corps, esprit, sentiments, âme).
Ainsi la rencontre de l’homme et de la femme peut être source d’une grande Joie si elle est communion de l’âme, de l’esprit, de sentiment puis du corps. Mais, elle ne peut être source de plaisir si cette communion n’existe pas. L’histoire d’Ammon avec sa sœur Tamar[1] montre combien cette quête du plaisir replie l’homme sur lui-même. Ce plaisir, une fois pris ne conduit pas à l’épanouissement de l’Amour, à la recherche du bien de l’autre. Mais, au contraire, il conduit à la haine et au mépris de soi et de l’autre.


La Joie est un feu et le plaisir c’est lorsque je garde ce feu pour moi. Il me consume et brûle. Le retour de flamme est d’autant plus violent que je veux saisir et assouvir ma passion, que je veux prendre possession de l’autre. Mais ne condamne pas le plaisir car, comme nous le verrons plus tard, il a son utilité, il sert aussi Dieu. Toi, entre dans la Joie qui ne finit pas et qui ne commence pas. La vraie Joie n’a ni début ni fin car elle t’habite déjà. Seule son intensité varie. C’est pour cela que tu ne la perçois pas toujours… et peut-être même difficilement !

B)  OÙ trouver la Joie ?

Saint Paul nous dit dans la 1ère lettre aux Thessaloniciens : « restez toujours joyeux ». Mais peut-on se forcer à être joyeux ? Souvent, l’homme voit le bonheur comme quelque chose qu’il faille conquérir, comme quelque chose d’extérieur à lui, et il courre pour le trouver. Or, ce bonheur est au fond de lui. Mais, comment descendre dans le profond de mon être ? C’est une question complexe et je vais y répondre de plusieurs manières. Regarde ton corps, tu manges, tu bois, tu absorbes toutes sortes de nourriture et ton corps les transforme en énergie, en force de vie. Sans cesse, de multiples énergies traversent ton corps ; lui qui est terre, il ressent l’influence de la lune du soleil, des planètes, de la terre… Toutes ces énergies que tu reçois ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais c’est à toi de les transformer. Soit en en les laissant au niveau de la terre et elles deviendront destructrices : tristesse, guerres… . Soit en les élevant vers Dieu et en les Lui donnant, elles deviendront Vie et Joie. Alors elles te construiront et avec elles ton être s’élèvera. Alors tu connaîtras la Joie, elle est unique, tu es faite pour elle.
Ce que je dis du corps est vrai pour tes sentiments ou tes pensées. Tu vois combien tes sentiments influencent tout ton être, la manière que tu as de regarder les choses, tes relations… Eh bien, offre à Dieu toutes ces énergies et transforme-les en Joie. Cela ne veut pas forcément dire en gaieté, mais en joie créatrice. Et par la force de Dieu qui habite en ton cœur, tu renouvelleras la face de terre. Toutes ces énergies si elles sont données sont sources inépuisables de Joie car elles sont créatrices et viennent directement de Dieu
La joie se reçoit. Regarde Zacharie et Marie, tous les deux ont la visite de l’ange. À chacun, il annonce la Joie. Mais Zacharie ne croit pas. Aussi il est réduit au silence, et il ne pourra parler qu’à la naissance de Jean-Baptiste. Marie accueille cette nouvelle, même si elle ne comprend pas comment cela possible. Cette joie qui remplie tout l’être de Marie, la pousse à aller chez sa cousine Élisabeth, elle aussi accueille la joie qui lui est apportée par Marie. Nous assistons, alors, à un véritable tourbillon de Joie que Marie exprime dans son Magnificat. Remarquable chant d’allégresse qui partant de son propre bonheur va jusqu’à Dieu pour redescendre sur tout Israël et la postérité d’Abraham. On trouve cette même force de louange chez Tobie lorsqu’il rend grâce à Dieu. Son cantique s’élargit à toutes les contrées de la terre. Toi aussi, moi aussi, tous nous sommes invités à entrer dans cette joie qui ne finit pas, elle ne commence pas, car elle est un avec Dieu, elle est éternelle.
S’il te plait entre dans cette Joie. Prête-toi sans réserve à la joie de vivre. Cela te semble difficile car tu as des soucis. Alors, souris. Souris le matin, souris le soir, dans ton travail, à la maison… Le sourire transforme le monde. Il n’élèvera pas ton âme mais ton corps et si ton corps est plus léger, tu entreras plus facilement dans la plénitude de la Joie.
Tout à l’heure, je t’ai dit que la joie n’est pas la gaîté. Écoute et comprend bien. Lorsque Le Christ va donner sa vie, juste avant de vivre sa passion et de souffrir, il invite les disciples à la Joie. Il ne s’agit évidemment pas de gaîté mais de cet état de l’âme qui est en communion avec le Père. Comme dit l’Ecclésiaste : « avec un visage triste, on peut avec le cœur dans la Joie[2] ». La gaîté est ce qu’il y a en surface. La Joie à laquelle tu es invité est en profondeur. Vois, la mer peut être très agitée en surface mais les mouvements de fond sont très calmes et sereins. Ainsi, tu comprends que la Joie et le sourire n’ont pas de contraire. L’inverse de la tristesse et des larmes est la gaîté et le rire. Le sourire et la Joie sont gratuits. Tu peux toujours les donner. Lorsque tu ne souris pas, c’est que tu manques de Joie ou plutôt que, par des tracas, tu empêches la Joie qui t’habite de rayonner. Pourtant tu peux connaître la joie qui n’a pas de pause.
Comment donne-t-on à un enfant le goût à la Vie ? Par le jeu. En jouant, l’enfant trouve de la Joie, il apprend et, plus il a de la Joie, plus il a soif d’apprendre. Si tu fais le jeu à sa place, la joie n’est pas donnée et il n’apprend pas… il devient paresseux. La Joie indique le lieu où nous avons faim d’apprendre, de donner, elle montre là où est notre vocation, notre tache, notre mission. L’enfant en jouant s’est donné à la Joie et il s’est oublié lui-même. Il a oublié son Moi. Or la vie est un grand jeu et nous sommes tous des enfants. Joue là où est ta Joie. Et tu seras à ta place Attention, le Jeu de la vie demande souvent un vrai travail, un travail de tout l’être (âme, corps, esprit, sentiments), mais il est joie et non pesant fardeau.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.»
Mt 11.29


C)  L’exercice de la semaine

Comme pour la semaine dernière, pour les demandes, l’exercice est en 2 temps :
a)      Regarde là où tu prends du plaisir et là où tu reçois la Joie. Regarde bien et demande-toi pour chaque plaisir : « En quoi est-ce un plaisir, et non une Joie ? » Puis « Comment transformer ce plaisir en Joie » N’aie pas peur de ce que tu trouveras. Cela fait partie de toi. C’est une force qui sommeille et qui demande à être réveillée pour construire le Nouveau Monde. Ce premier exercice durera les 3 premiers jours de la semaine
b)      Les trois jours suivants, tu regarderas la Joie qui rayonne autour de toi, à travers toi. Et maintenant tous les soirs, en te souvenant que c’est Dieu qui est à l’origine de toute Joie, tu devrais être capable de dire dans ta prière : « Aujourd’hui, Seigneur, malgré ma faiblesse j’ai apporté, j’ai donné Ta Joie sur la terre. » Pour t’aider, tu noteras, qui (ou ce qui) t’a réjoui, pour qui tu as été signe de Joie. L’acte que tu fais ne dépend pas de la réception, de la manière dont il est reçu. Toi donnes, mais n’impose jamais. Tu noteras uniquement cette semaine car la Joie, que tu transmets, doit être gratuitement donner.
Le 7ème jour, tu réjouiras le cœur de Dieu. Fais un cadeau à Dieu. Trouve le moyen que tu veux mais réjouis son cœur. Ne cherche pas des choses difficiles. Ne réfléchis pas durant des heures. Ouvre ton cœur, il T’instruira.


D)  Les méditations de la semaine

Ammon et Tamar (2 Samuel 13)
1)      La situation de départ : Ammon est épris de sa sœur Tamar. Mais son désir s’oppose à la virginité de Tamar. Sa recherche de plaisir le rend malade. Il ment au roi pour prendre plaisir avec Tamar.
2)      La prise du plaisir : Ammon ordonne à Tamar de coucher avec lui. Il n’entend pas Tamar qui veut bien se donner à lui si le roi accepte. Ammon refuse toute liberté à Tamar qui devient sa victime. Il la viole, et s’enferme dans son désir.
3)      L’enfermement : Ayant réduit sa sœur à son désir individuel, Tamar ne peut rien donner puisque tout lui a été volé. Au lieu de donner la Joie, son action conduit à la haine et au rejet de l’autre.

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L’ange annonce la naissance d’un fils à Zacharie (Luc 1, 5 à 25)
1)      La situation de départ : Zacharie est prêtre en service dans le Temple. Il connaît la longue histoire d’amour entre Dieu et son peuple.
2)      La Joie donnée : la promesse de la naissance d’un fils et que cet enfant sera la Joie pour beaucoup.
3)      Le refus de la Joie : Zacharie ne croit pas et ne reconnaît pas l’œuvre de Dieu qui pourtant s’est déjà manifesté de la même façon avec Abraham et Isaac, Anne et Samuel…

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Marie reçoit la Visite de L’ange (Lc 1, 26 - 38)
1)      La situation de départ : la création attend, l’humanité attend, le peuple d’Israël, Dans son village de Nazareth, une jeune femme, vierge, Marie, attend la réalisation de la promesse de la venue d’un Sauveur, du Sauveur.
2)      La Joie donnée : L’ange Gabriel invite Marie à la Joie. Il lui annonce que c’est elle qui a trouvé grâce aux yeux du Seigneur Et que c’est elle qui est choisie par Dieu pour donner naissance au Sauveur.
3)      L’accueil de la Joie : « Marie dit alors: «Je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l'as dit»! Et l'ange la quitta. »

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Elisabeth reçoit la visite de Marie (Luc, 1, 39 à 56)
1)      La situation de départ : Aussitôt après l’annonce de l’ange, Marie part voir sa cousine Élisabeth. Elle porte en elle le Sauveur.
2)      La Joie donnée : L’enfant (Jean-Baptiste) tressaille de Joie dans le ventre de sa mère (Élisabeth) en accueillant la visite de son Seigneur qui est dans le ventre de Marie. Élisabeth remplie de la Joie de son fils proclame son bonheur.
3)      L’accueil de la Joie : Marie accueille la Joie que lui donne sa cousine Élisabeth et chante son Magnificat. Puis elle reste avec sa cousine.
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Naissance de Jean-Baptiste (St Luc, 1, 57 à 80)
1)      La situation de départ : Zacharie est muet. Durant neuf mois. Dans son mutisme, il a entendu les prodiges que Dieu a réalisés autour de lui. Il a vu Marie éclater de Joie devant sa cousine et chanter son Magnificat.
2)      La Joie donnée : elle est double. La naissance de Jean-Baptiste et l’acte de Zacharie qui nomme l’enfant. Cet acte lui permet de retrouver la parole et de chanter sa joie devant tous. Zacharie ne s’émerveille pas pour lui-même, mais bien pour le don que Dieu fait à son peuple de ce petit enfant.
3)      L’accueil de la Joie : Jean-Baptiste naît à la vie. Zacharie naît à la paternité. Pour être fils, il faut un père. Pour être père, il faut un fils. L’un et l’autre se donne sans fin la Joie de leur être de fils et de père.

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LE 7ème Jour : Tobie 13

Le vieux Tobie, ouvrant la bouche, bénit le Seigneur en disant: " Vous êtes grand, Seigneur, dans l'éternité, et votre règne s'étend à tous les siècles.
2 car vous châtiez et vous sauvez, vous conduisez au tombeau et vous en ramenez, et il n'est personne qui puisse échapper à votre mains.
3 Célébrez le Seigneur, enfants d'Israël, et louez-le devant les nations.
4 Car il vous a dispersés parmi les nations qui l'ignorent, afin que vous racontiez ses merveilles, et que vous leur fassiez connaître qu'il n'y a point d'autre Dieu tout-puissant que lui seul.
5 Il nous a châtiés à cause de nos iniquités, et il nous sauvera à cause de sa miséricorde.
6 Considérez comment il a agi envers nous, et bénissez-le avec crainte et tremblement, et glorifiez par vos oeuvres le Roi des siècles.
7 Pour moi, je veux le bénir dans ce pays où je suis captif, parce qu'il a fait éclater sa gloire sur une nation criminelle.
8 Convertissez-vous donc, pécheurs, et pratiquez la justice devant Dieu, dans la confiance qu'il vous fera miséricorde!
9 Pour moi, je me réjouirai en lui de toute mon âme.
10 Bénissez le Seigneur, vous tous qui êtes le peuple choisi; célébrez des jours de joie et chantez ses louanges!
11 Jérusalem, cité de Dieu, le Seigneur t'a châtiée à cause des oeuvres de tes mains.
12 Glorifie le Seigneur par tes bonnes oeuvres, et bénis le Dieu des siècles, afin qu'il rebâtisse en toi son sanctuaire, qu'il rappelle à toi tous les captifs et que tu te réjouisses dans tous les siècles des siècles.
13 Tu brilleras d'une éclatante lumière, et tous les pays de la terre se prosterneront devant toi.
14 Les nations viendront à toi des contrées lointaines, apportant des présents, elles adoreront dans tes murs le Seigneur, et considéreront ta terre comme un sanctuaire;
15 car elles invoqueront le grand Nom au milieu de toi.
16 Seront maudits ceux qui te mépriseront, condamnés ceux qui te blasphémeront, bénis ceux qui t'édifieront.
17 Et toi, tu te réjouiras dans tes enfants, parce qu'ils seront tous bénis et se rassembleront auprès du Seigneur.
18 Heureux tous ceux qui t'aiment et qui se réjouissent de ta paix!
19 Mon âme, bénis le Seigneur, parce qu'il a délivré Jérusalem, sa ville, de toutes ses tribulations, lui, le Seigneur, notre Dieu!
20 Heureux serai-je, s'il reste des rejetons de ma race pour voir la splendeur de Jérusalem!
21 Les portes de Jérusalem seront bâties de saphirs et d'émeraudes, et toute l'enceinte de ses murailles, de pierres précieuses.
22 Des pierres d'une blancheur immaculée formeront le pavé de ses places, et l'on chantera dans ses rues: Alléluia!

23 Béni soit le Seigneur qui a donné cette gloire à Jérusalem, et qu'il règne sur elle aux siècles des siècles! Amen! "



[1] 2 S 13, 1 à 20
[2] Qo 7,3

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