vendredi 8 novembre 2013

1ere semaine : Mes peurs


A)  un peu d’histoire

Le premier sentiment qui apparaît après la chute originelle est la Peur. Peur de l’autre, et l’homme et la femme se font des pagnes avec des feuilles de figuier. Peur de Dieu, et ils se cachent. Pourquoi ont-ils peur ? Car, ils découvrent, ils voient la distance qui existe entre eux. Le fruit qu’ils ont mangé les a séparés. Le savoir qu’ils ont avalé s’est retourné contre eux au lieu de co-naître (de naître avec) ils ont appris le manque. Manque de confiance, manque de communion, manque d’unité…
Les peuples d’autrefois, lorsqu’ils étaient jeunes, avaient de nombreuses peurs. Peur que le ciel ne tombe, peur que la nuit les dévore, peur que le soleil ne se lève pas… Peur de tout ce qui était inconnu. Les enfants parfois encore connaissent cette peur, et bien souvent elle les préserve du danger. Les anciens faisaient un dieu avec toutes ces forces qu’ils ne comprenaient pas, ils n’en perçaient pas le mystère. C’est ainsi que les Grecs ont constitué leur Panthéon. Ils offraient des sacrifices et respectaient les lois propres à chacun. Le peuple Juif découvrira peu à peu, avec la révélation, que plus que la peur c’est la crainte de Dieu qui doit animer le cœur de l’homme.
L’homme moderne en perçant les secrets de la nature a cru qu’il connaîtrait le Mystère de Dieu. Et il a délaissé la crainte respectueuse de Dieu, alors la peur le cerne de plus près. Il ne craint plus Dieu mais il a peur de lui-même, de son semblable, de son frère, de la nature… de tout ce dont il était le maître et qui maintenant le terrifie.


B)  Quelques notions :

La peur a de multiples visages mais en dehors de la crainte de Dieu, qui est révérence et respect, nous distinguerons 2 types : la Peur passive et la peur active. Mais elles sont une.
(a)  Peur passive
La peur est bonne, elle est donnée par Dieu (puisqu’Il est l’Unique Source de la création). Mais elle n’est pas du niveau de l’homme, elle est de l’animal. Pour l’animal, la peur est salutaire. Si la souris a peur, elle se fait manger. Si l’enfant n’a pas peur du feu, il met le feu à la maison… Ainsi, la peur est éducatrice pour le règne animal. Pour l’homme aussi Dieu l’utilise pour enseigner. Ainsi, par 2 fois, Abraham fait passer sa femme pour sa sœur, car il a peur pour sa vie ; par 2 fois, Dieu fait peur aux rois qui ont prit Sara afin qu’ils la rendent à Abraham.
Cette histoire nous montre que le mensonge est peur. Et que cette peur est manque de confiance. Manque de confiance en l’Autre qui au regard terrestre semble plus fort que moi. Manque de confiance en Dieu qui peut protéger (Abraham a pourtant reçu la promesse de Dieu). Manque de confiance en moi qui suis digne du respect de l’autre. Notre cœur a peur tant qu’il n’est pas Totalement uni à Dieu car la peur indique le manque, indique le fossé qui sépare des autres, de Dieu, de moi, de toute la création.
(b) Peur active
Mais si la peur peut-être un « démarreur », un élément qui permet de se mettre en marche, elle est aussi destructrice car en elle siège le Trompeur. Ainsi, Pilate condamne Jésus par peur des Juifs. Les Juifs condamnent Jésus par peur des Romains (Jn 11, 48). Le coupable a peur de l’innocent. Le propriétaire a peur du pauvre, de l’étranger car il lui rappel qu’il n’est qu’un passant sur cette terre et que rien ne lui appartient qu’il n’ait reçu. Alors, pour vaincre sa peur au lieu de rentrer en lui-même, comme tu le fais maintenant, il cherche à détruire l’autre comme Pharaon voulu le faire aux Hébreux (Ex. 1,10)
C’est pour cela que toute la bible est traversée par ce cri :
« N’ayez pas peur »

C)  Un exemple

Avec un cheval c’est comme avec notre corps, si nous en avons peur il devient le maître. Il nous conduit là où nous ne voulons pas aller. Parfois, nous résistons un peu puis nous nous relâchons et il nous domine. S’il veut galoper, il part même sans prévenir et rien ne l’arrête. Mais notre peur ne doit être un obstacle. Mieux, elle est à notre service pour mieux aimer le cheval ou notre corps.
Certains le voient comme un ennemi. Ils refusent de le regarder, de le laver et quand ils le lavent, c’est le minimum pour qu’il vive. D’autres l’aiment beaucoup et passent de longues heures à le soigner, le peigner, lui apporter toutes les attentions possibles, mais la peur qu’ils en ont fait qu’ils ne savent pas l’utiliser correctement. Alors, ils le font admirer ou le dénaturent, mais il n’est pas fait pour cela il est fait pour servir.
Alors, à quoi sert la peur ? Elle est là pour te mettre en garde, pour te dire : « Attention, ne fais pas n’importe quoi tu es fragile ». Bien sûr, apparemment il est fort et beau. Mais cette force et cette beauté sont faites pour servir. Sinon, elles se retourneront contre toi et deviendront destructrices. Le monde, l’univers entier est régi par cette loi du service. Vois la douleur t’indique le mal après la blessure, la peur te le signale avant. Mais est-ce que parce que tu t’es blessé en coupant du pain tu ne prendras plus de pain ? Non, tu fais attention, voilà tout.

Toutes les peurs sont là pour nous enseigner, nous montrer la route. C’est pour cela qu’il nous faut les reconnaître.


D)  L’exercice de la semaine

Cette semaine tu vas regarder les peurs qui t’habitent cela demande de ne pas se mentir, de ne pas avoir peur de la vérité. Mais La Vérité est aussi le Chemin. Alors Confiance.
Regarde
1) les peurs de chaque jours, celles de ton quotidien ordinaire.
2) celles que tu vis plus profondément, dans ton âme, dans ton corps, dans tes sentiments, dans ton esprit.       
3) enfin comment vivais-tu les peurs lorsque tu étais plus jeune, quand tu étais petit ? Et sont-elles toutes parties ? Qu’en reste-t-il ?

Le 7ème jour tu peux te demander : Est-ce que je crains Dieu ? Et comment je le crains ? Comme un esclave à peur de son seigneur ? Comme une fiancée craint de déplaire à son fiancé ? Comme un serviteur qui fait la joie de maître ?

Après les exercices, fais le tableau suivant :

Nom de la peur
Cause de la peur
Effets de la peur




Si tu ne vois pas ni les effets, ni la cause tu peux le noter. Encore une fois, les exercices sont personnels il n’y a pas de bonnes et de mauvaises réponses. Tu le fais pour toi.


E)   Les méditations de la semaine


Pour chaque jour, voici une piste de lecture des textes à méditer. Certains soulignent plusieurs peurs. Demandes-toi à chaque fois : Quel manque cette peur met en lumière ? Encore une fois note tes questions et n’hésite pas à me les donner, je suis là pour ça.
Commence ta prière par une invocation à l’Esprit Saint.

La peur d’Adam (Gn 3)
1)      La situation de départ : L’homme (homme et femme) en mangeant le fruit du savoir brise l’Unité qu’il avait avec Dieu, avec son partenaire, avec la création.
2)      La peur : « L'homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu au milieu des arbres du jardin » alors que Dieu se promène tranquillement. La peur, ici, est une fuite. Voir la fuite de soi (avec le refus de la responsabilité : Ce n’est pas moi c’est l’autre) fuite de l’autre (en se protégeant avec des feuilles) fuite du Tout Autre (en se cachant dans le jardin)
3)      La réponse : Regarder la réponse de Dieu comme un chemin d’opposition à la peur. Ils se cachent de la présence de Dieu, Dieu les chasse du Jardin où Il demeure. Même chose dans les rapports entre l’homme et la femme.

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La peur d’Abram face à Pharaon (Gn 12, 10 à 20)
1)      La situation de départ : Abram vient de s’entendre dire par Dieu : « Sois en bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, qui te bafouera je le maudirai ; En toi seront bénies toutes les familles de la terre. » Et il va de campement en campement. Puis, la famine le conduit en Égypte.
2)       La peur : Abram en arrivant en Égypte à peur pour sa vie et ne regarde plus sa femme comme source de vie et de sa joie, mais comme un danger de mort. Par peur des Égyptiens, il cache qui est Sara et qui il est.
3)      La réponse : Au lieu d’être une bénédiction Abram devient une malédiction : « Que m'as-tu fait là ? » Lui dit Pharaon. A cause de cette peur et de ce mensonge les rôles sont inversés. C’est pharaon qui devient bénédiction pour Abram et Abram qui apporte le malheur chez Pharaon.

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La peur d’Abimélek face à Abraham (Gn. 20, 1 à 18)
1)      La situation de départ : Le roi de Gérar, Abimélek, fait enlever Sara. Car elle est belle et il croit qu’elle n’est que la sœur d’Abraham et non sa femme.
2)      La peur : Dieu fait peur à Abimélek en le menaçant de mort. « Abimélek se leva de bon matin, convoqua tous ses serviteurs et les mit au courant de toute cette affaire; Ses gens eurent grand-peur. »
3)      La réponse : Abimélek reproche à Abraham son action mauvaise : «Qu'avais-tu en vue en faisant cela ? » Puis, découvre quelque chose de la grandeur de Dieu et accueille Abraham comme un signe de bénédiction pour son pays.

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La peur des Juifs (Jn 11, 1-54)
1)      La situation de départ : Jésus ressuscite Lazare et beaucoup de Juifs croient en lui.
2)      La peur : Les Juifs se disent : « les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation ». Aussi, l’un d’eux remarque : « C’est votre avantage qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière »
3)      La réponse : Cette peur les enferme sur eux-mêmes et ils n’entendront pas les demandes de Pilate et se limiteront à crier la mort de Jésus. Mais dès que les grands prêtres et leurs gens le virent, ils se mirent à crier : «Crucifie-le! Crucifie-le»! Les grands prêtres dont la vocation est de bénir réclament la mort. Comme pour Abram la peur conduit à un inversion de la vocation.

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La peur de Pilate (Mtt 27,11 à 26)
1)      La situation de départ : Pilate est le gouverneur. C’est lui qui représente l’autorité romaine, l’autorité de l’empereur César. C’est lui qui juge et il a un pouvoir de vie et de mort. Il découvre que Jésus est innocent et sa femme l’invite à ne pas « se mêler aux affaires de ce juste ».
2)      La peur : Les grands Prêtres ont peur de la foule.
3)      La réponse : Pilate refuse de remplir sa mission. Voyant que cela ne servait à rien, mais que la situation tournait à la révolte, Pilate prit de l'eau et se lava les mains en présence de la foule en disant: «Je suis innocent de ce sang. C'est votre affaire»!



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LE 7ème Jour : Si 1, 11 à 20

La crainte du Seigneur est gloire et fierté,
joie et couronne d'allégresse.
La crainte du Seigneur réjouit le cœur,
donne joie, gaîté et longue vie.
Pour qui craint le Seigneur, tout ira bien à la fin,
au jour de sa mort, il sera béni.
Le commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
pour les fidèles, elle a été créée avec eux dans le sein maternel.
Parmi les hommes elle a fait son nid, fondation d'éternité,
avec leur descendance elle restera fidèlement.
La plénitude de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
elle enivre les hommes de ses fruits.
Leur maison tout entière, elle la remplit de ce qu'ils désirent
et leurs greniers de ses produits.
La couronne de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur
qui fait fleurir la paix et la bonne santé.
Elle fait pleuvoir la science et la connaissance intelligente,
elle exalte la gloire de ceux qui la possèdent.

La racine de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
et ses rameaux sont une longue vie.

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