A) un
peu d’histoire
Le premier sentiment qui apparaît après la chute
originelle est la Peur.
Peur de l’autre, et l’homme et la femme se font des pagnes
avec des feuilles de figuier. Peur de Dieu, et ils se cachent. Pourquoi ont-ils
peur ? Car, ils découvrent, ils voient la distance qui existe entre eux. Le
fruit qu’ils ont mangé les a séparés. Le savoir qu’ils ont avalé s’est retourné
contre eux au lieu de co-naître (de naître avec) ils ont appris le manque.
Manque de confiance, manque de communion, manque d’unité…
Les peuples d’autrefois, lorsqu’ils étaient jeunes,
avaient de nombreuses peurs. Peur que le ciel ne tombe, peur que la nuit les
dévore, peur que le soleil ne se lève pas… Peur de tout ce qui était inconnu.
Les enfants parfois encore connaissent cette peur, et bien souvent elle les
préserve du danger. Les anciens faisaient un dieu avec toutes ces forces qu’ils
ne comprenaient pas, ils n’en perçaient pas le mystère. C’est ainsi que les
Grecs ont constitué leur Panthéon. Ils offraient des sacrifices et respectaient
les lois propres à chacun. Le peuple Juif découvrira peu à peu, avec la
révélation, que plus que la peur c’est la crainte de Dieu qui doit animer le
cœur de l’homme.
L’homme moderne en perçant les secrets de la nature a cru
qu’il connaîtrait le Mystère de Dieu. Et il a délaissé la crainte respectueuse
de Dieu, alors la peur le cerne de plus près. Il ne craint plus Dieu mais il a
peur de lui-même, de son semblable, de son frère, de la nature… de tout ce dont
il était le maître et qui maintenant le terrifie.
B) Quelques notions :
La peur a de multiples visages mais en dehors de la
crainte de Dieu, qui est révérence et respect, nous distinguerons 2
types : la Peur
passive et la peur active. Mais elles sont une.
(a) Peur passive
La peur est bonne, elle est
donnée par Dieu (puisqu’Il est l’Unique Source de la création). Mais elle n’est
pas du niveau de l’homme, elle est de l’animal. Pour l’animal, la peur est
salutaire. Si la souris a peur, elle se fait manger. Si l’enfant n’a pas peur
du feu, il met le feu à la maison… Ainsi, la peur est éducatrice pour le règne
animal. Pour l’homme aussi Dieu l’utilise pour enseigner. Ainsi, par 2 fois,
Abraham fait passer sa femme pour sa sœur, car il a peur pour sa vie ; par 2
fois, Dieu fait peur aux rois qui ont prit Sara afin qu’ils la rendent à
Abraham.
Cette histoire nous montre que le mensonge est peur. Et
que cette peur est manque de confiance. Manque de confiance en l’Autre qui au
regard terrestre semble plus fort que moi. Manque de confiance en Dieu qui peut
protéger (Abraham a pourtant reçu la promesse de Dieu). Manque de confiance en
moi qui suis digne du respect de l’autre. Notre cœur a peur tant qu’il n’est
pas Totalement uni à Dieu car la peur indique le manque, indique le fossé qui
sépare des autres, de Dieu, de moi, de toute la création.
(b) Peur active
Mais si la peur peut-être un « démarreur », un
élément qui permet de se mettre en marche, elle est aussi destructrice car en
elle siège le Trompeur. Ainsi, Pilate condamne Jésus par peur des Juifs. Les
Juifs condamnent Jésus par peur des Romains (Jn 11, 48). Le coupable a peur de
l’innocent. Le propriétaire a peur du pauvre, de l’étranger car il lui rappel
qu’il n’est qu’un passant sur cette terre et que rien ne lui appartient qu’il
n’ait reçu. Alors, pour vaincre sa peur au lieu de rentrer en lui-même, comme
tu le fais maintenant, il cherche à détruire l’autre comme Pharaon voulu le
faire aux Hébreux (Ex. 1,10)
C’est pour cela que
toute la bible est traversée par ce cri :
« N’ayez pas peur »
« N’ayez pas peur »
C) Un
exemple
Avec un cheval c’est comme avec notre corps, si nous en
avons peur il devient le maître. Il nous conduit là où nous ne voulons pas
aller. Parfois, nous résistons un peu puis nous nous relâchons et il nous
domine. S’il veut galoper, il part même sans prévenir et rien ne l’arrête. Mais
notre peur ne doit être un obstacle. Mieux, elle est à notre service pour mieux
aimer le cheval ou notre corps.
Certains le voient comme un ennemi. Ils refusent de le
regarder, de le laver et quand ils le lavent, c’est le minimum pour qu’il vive.
D’autres l’aiment beaucoup et passent de longues heures à le soigner, le
peigner, lui apporter toutes les attentions possibles, mais la peur qu’ils en
ont fait qu’ils ne savent pas l’utiliser correctement. Alors, ils le font
admirer ou le dénaturent, mais il n’est pas fait pour cela il est fait pour servir.
Alors, à quoi sert la peur ? Elle est là pour te mettre en
garde, pour te dire : « Attention, ne fais pas n’importe quoi tu es
fragile ». Bien sûr, apparemment il est fort et beau. Mais cette force et
cette beauté sont faites pour servir. Sinon, elles se retourneront contre toi
et deviendront destructrices. Le monde, l’univers entier est régi par cette loi
du service. Vois la douleur t’indique le mal après la blessure, la peur te le signale avant. Mais est-ce que parce que tu t’es blessé en coupant du pain
tu ne prendras plus de pain ? Non, tu fais attention, voilà tout.
Toutes les peurs sont là pour nous enseigner, nous montrer
la route. C’est pour cela qu’il nous faut les reconnaître.
D) L’exercice de la semaine
Cette semaine tu vas regarder les peurs qui t’habitent
cela demande de ne pas se mentir, de ne pas avoir peur de la vérité. Mais La Vérité est aussi le Chemin.
Alors Confiance.
Regarde
1) les peurs de chaque jours, celles de ton quotidien ordinaire.
2) celles que tu vis plus profondément, dans ton âme, dans ton corps, dans tes sentiments, dans ton esprit.
3) enfin comment vivais-tu les peurs lorsque tu étais plus jeune, quand tu étais petit ? Et sont-elles toutes parties ? Qu’en reste-t-il ?
1) les peurs de chaque jours, celles de ton quotidien ordinaire.
2) celles que tu vis plus profondément, dans ton âme, dans ton corps, dans tes sentiments, dans ton esprit.
3) enfin comment vivais-tu les peurs lorsque tu étais plus jeune, quand tu étais petit ? Et sont-elles toutes parties ? Qu’en reste-t-il ?
Le 7ème jour tu peux te demander : Est-ce
que je crains Dieu ? Et comment je le crains ? Comme un esclave à peur de son
seigneur ? Comme une fiancée craint de déplaire à son fiancé ? Comme un
serviteur qui fait la joie de maître ?
Après les exercices, fais le tableau suivant :
Nom
de la peur
|
Cause
de la peur
|
Effets
de la peur
|
Si tu ne vois pas ni les effets, ni la cause tu peux le
noter. Encore une fois, les exercices sont personnels il n’y a pas de bonnes et
de mauvaises réponses. Tu le fais pour toi.
E)
Les
méditations de la semaine
Pour chaque jour, voici une piste de lecture des textes à
méditer. Certains soulignent plusieurs peurs. Demandes-toi à chaque fois :
Quel manque cette peur met en lumière ? Encore une fois note tes questions et
n’hésite pas à me les donner, je suis là pour ça.
Commence ta prière par une invocation à l’Esprit Saint.
La peur d’Adam (Gn 3)
1)
La situation
de départ : L’homme (homme et femme) en mangeant le fruit du savoir
brise l’Unité qu’il avait avec Dieu, avec son partenaire, avec la création.
2)
La
peur : « L'homme et la femme se cachèrent devant le SEIGNEUR Dieu
au milieu des arbres du jardin » alors que Dieu se promène tranquillement.
La peur, ici, est une fuite. Voir la fuite de soi (avec le refus de la
responsabilité : Ce n’est pas moi c’est l’autre) fuite de l’autre (en se
protégeant avec des feuilles) fuite du Tout Autre (en se cachant dans le
jardin)
3)
La
réponse : Regarder la réponse de Dieu comme un chemin d’opposition à
la peur. Ils se cachent de la présence de Dieu, Dieu les chasse du Jardin où Il
demeure. Même chose dans les rapports entre l’homme et la femme.
*
* *
La peur d’Abram face à Pharaon (Gn 12, 10 à 20)
1)
La situation
de départ : Abram vient de s’entendre dire par Dieu : « Sois en bénédiction. Je bénirai ceux qui te
béniront, qui te bafouera je le maudirai ; En toi seront bénies toutes les
familles de la terre. » Et il va de campement en campement. Puis, la
famine le conduit en Égypte.
2)
La peur : Abram en arrivant en
Égypte à peur pour sa vie et ne regarde plus sa femme comme source de vie et de
sa joie, mais comme un danger de mort. Par peur des Égyptiens, il cache qui est
Sara et qui il est.
3)
La
réponse : Au lieu d’être une bénédiction Abram devient une
malédiction : « Que m'as-tu
fait là ? » Lui dit Pharaon. A cause de cette peur et de ce mensonge
les rôles sont inversés. C’est pharaon qui devient bénédiction pour Abram et
Abram qui apporte le malheur chez Pharaon.
*
* *
La peur d’Abimélek face à Abraham (Gn. 20, 1 à 18)
1)
La situation
de départ : Le roi de Gérar, Abimélek, fait enlever Sara. Car elle est
belle et il croit qu’elle n’est que la sœur d’Abraham et non sa femme.
2) La peur : Dieu fait peur à
Abimélek en le menaçant de mort. « Abimélek
se leva de bon matin, convoqua tous ses serviteurs et les mit au courant de
toute cette affaire; Ses gens eurent grand-peur. »
3)
La
réponse : Abimélek reproche à Abraham son action mauvaise : «Qu'avais-tu en vue en faisant cela
? » Puis, découvre quelque chose de la grandeur de Dieu et accueille
Abraham comme un signe de bénédiction pour son pays.
*
* *
La peur des Juifs (Jn 11, 1-54)
1)
La situation
de départ : Jésus ressuscite Lazare et beaucoup de Juifs croient en
lui.
2)
La
peur : Les Juifs se disent : « les Romains interviendront et
ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation ». Aussi, l’un d’eux
remarque : « C’est votre avantage qu'un seul homme meure pour le
peuple et que la nation ne périsse pas tout entière »
3)
La
réponse : Cette peur les enferme sur eux-mêmes et ils
n’entendront pas les demandes de Pilate et se limiteront à crier la mort de
Jésus. Mais dès que les grands prêtres et
leurs gens le virent, ils se mirent à crier : «Crucifie-le! Crucifie-le»! Les
grands prêtres dont la vocation est de bénir réclament la mort. Comme pour
Abram la peur conduit à un inversion de la vocation.
*
* *
La peur de Pilate (Mtt 27,11 à 26)
1)
La situation
de départ : Pilate est le gouverneur. C’est lui qui représente
l’autorité romaine, l’autorité de l’empereur César. C’est lui qui juge et il a
un pouvoir de vie et de mort. Il découvre que Jésus est innocent et sa femme
l’invite à ne pas « se mêler aux
affaires de ce juste ».
2)
La
peur : Les grands Prêtres ont peur de la foule.
3)
La
réponse : Pilate refuse de remplir sa mission. Voyant que cela ne
servait à rien, mais que la situation tournait à la révolte, Pilate prit de
l'eau et se lava les mains en présence de la foule en disant: «Je suis innocent
de ce sang. C'est votre affaire»!
*
* *
LE 7ème
Jour : Si 1, 11 à 20
La
crainte du Seigneur est gloire et fierté,
joie et couronne d'allégresse.
joie et couronne d'allégresse.
La crainte du Seigneur réjouit le cœur,
donne joie, gaîté et longue vie.
donne joie, gaîté et longue vie.
Pour
qui craint le Seigneur, tout ira bien à la fin,
au jour de sa mort, il sera béni.
au jour de sa mort, il sera béni.
Le
commencement de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
pour les fidèles, elle a été créée avec eux dans le sein maternel.
pour les fidèles, elle a été créée avec eux dans le sein maternel.
Parmi
les hommes elle a fait son nid, fondation d'éternité,
avec leur descendance elle restera fidèlement.
avec leur descendance elle restera fidèlement.
La
plénitude de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
elle enivre les hommes de ses fruits.
elle enivre les hommes de ses fruits.
Leur
maison tout entière, elle la remplit de ce qu'ils désirent
et leurs greniers de ses produits.
et leurs greniers de ses produits.
La
couronne de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur
qui fait fleurir la paix et la bonne santé.
qui fait fleurir la paix et la bonne santé.
Elle
fait pleuvoir la science et la connaissance intelligente,
elle exalte la gloire de ceux qui la possèdent.
elle exalte la gloire de ceux qui la possèdent.
La
racine de la sagesse, c'est la crainte du Seigneur,
et ses rameaux sont une longue vie.
et ses rameaux sont une longue vie.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire