vendredi 8 novembre 2013

6ème semaine : La Blessure

Dans les lignes qui suivent, je ne fais pas chercher avec toi à qui savoir qui est responsable de ta blessure. Il y a des personnes responsables de leurs propres blessures et d’autres subissent les coups qui leur furent donné. Quoiqu’il en soit la blessure est là. Saignante et éclatante comme une branche coupée, sourde et silence comme une rivière souterraine qui resurgi bien longtemps après la source, elle nous accompagne dans chacun de nos gestes, de nos discourt, de nos désirs… elle est là.
Ce chapitre est à la fois sensible et douloureuse. Ne surestime jamais tes forces et plus que jamais respecte le mot de Siracide : « Ne fais pas le malin en accomplissant ton ouvrage, ne te glorifie pas au moment de la gêne.[1] »


A)  Les différentes blessures

Les blessures ne sont pas nécessaires. Mais pourtant tous d’une manière ou d’une autre, les hommes passent par des épreuves qui les chocs, qui les meurtrissent  dans tout leur être. Évidemment, elles sont toujours douloureuses. Et personne ne comprend réellement la longue, la largeur, la profondeur, la hauteur de la blessure qu’une personne reçoit. Une blessure est toujours personnelle et ne se communique pas. Et même si nous pouvons en distinguer deux types, tu es seul(e) à connaître de niveau cette blessure est. La moquerie de camarade de classe, sera mortelle pour une personne, insignifiante pour une autre. Encore une fois ton Histoire est unique. Tu es unique.
(a)  Sur le Chemin…
Si un enfant part à la recherche d’un trésor, où dans un grand jeu et qu’il lui faille passer par un chemin peu emprunté que les ronces et les épines ont envahi, ses jambes et ses brans sont déchirés par les ronces et les orties. Les égratignures qui marqueront son corps ne l’arrêterons pas. Peut-être même elles le stimuleront pour avancer plus loin. Ayant atteint son but il est fier de lui et revient vers sa maman qui s’écrit : « tu as vu dans quel état tu es!!! » Mais l’enfant sait que son état est qu’il est devenu plus Homme, car il n’a pas craint le danger. Il est passer au travers des difficultés. Il a choisi la vie et le sang, qui coule de ses éraflures, lui enseigne le prix d’être vivant. Il en est de même pour nos sentiments. Les départs, en fin d’année scolaire, d’amis vers d’autres classes, d’autres villes, nos propres déménagements, les difficultés scolaire, les maladies… nous forment petit à petit à accueillir la vie qui se donne à nous chaque jour tel qu’elle est : gratuite et libre. Mais attention tout comme pour la vie corporelle, il y a des hémophiles de l’âme ou des sentiments. Et ce qui pour certains sont des menues éraflures, provoquent chez d’autres de vastes hémorragies.
(b) La Vie qui n’est pas donné
L’ami qui trahit, le mari ou la femme qui part laissant l’autre seul(e), cet enfant qui ne vient pas au monde, le parton qui renvoi son employer… La liste peut continuer et tu connais mieux que personne ces plaies qui ont marquées et qui aujourd’hui encore imprègnent tout ton être pour la vie. Tout cela est autant d’exemples de blessures lourdes. De lieux où tu voulais donner la Vie et où ce don a été refusé. La blessure est d’autant plus profonde que le lien à l’autre est inscrit dans la durée. Que l’histoire tu as construit avec l’autre est longue ! Mais aujourd’hui, cette plaie est là en toi. Tu as deux solutions.
Soit, tu choisis de ne pas regarder le mal de cette lésion et comme toute plaie non soignée, elle pourrira ta vie. Plus ou moins rapidement tu deviendras amer, aigri, par rapport aux autres, bien sur, mais surtout par rapport à toi-même. Tu te supporteras de plus en plus difficilement car tu n’accepteras pas, ne choisiras pas, cet acte, ce moment de ta vie où te fut blessé. Généralement, c’est à ce moment que celui qui est blessé fabrique une carapace. Une carapace épaisse pour se protéger. Mais une plaie doit respiré, être nettoyer, sinon elle gangrène tout ton être. Tu pourris sous ta carapace, et même si par la façade que tu as construit, tu peux tromper les autres. Le mal de ta blessure insensiblement prend sa place et peut ressurgir 2, 5,10, 20 ans plus tard. Alors tu ne comprendras pas pourquoi tu as agi de la sorte. Bien sur, la construction de la carapace est le meilleur moyen de se protéger, d’éviter les nouvelles blessures, de se préserver du regard et de l’histoire de l’autre. Mais Aimer avec un préservatif n’est pas vraiment Aimer. Tu te préserve de l’autre, tu te préserve de toi. De son amour comme de ses tristesses. De son passé comme de son avenir. Ainsi tu ne l’aime pas pour lui-même, mais simplement pour l’amour qu’il te donne et bien souvent pour le baume que cet amour met sur ta carapace. Cependant tu ne te préserve seulement de l’amour des autres, tu neutralise tout Amour que tu as envers toi-même. Bien sur tu peux te faire des « petits plaisirs » mais tant que tu ne plongeras pas dans le cœur de ton être profond te ne pourras t’Aimer en profondeur. Et la vie mérite d’être vécu en profondeur.

Soit, tu choisis la Vie. Incontestablement, ce choix est le plus audacieux et le plus exigeant. Mais c’est celui de la Joie et du Bonheur durable. Il faut du courage et du temps pour regarder toutes tes blessures et une à une les soigner. Pour certaines, il te faudra retirer la croûte, qui c’est former et qui aujourd’hui la protége, accepter de désinfecter, de recoudre... bref, de ne plus porter cette blessure comme une balafre que l’on exhibe comme pour dire à tous : « voyez comme j’ai souffert. » Il existe toute une complaisance, chez les hommes en particulier, à rester dans sa fracture pour se faire plaindre. Cette attitude est très mortifère. Les femmes, elles auront plutôt tendance à la cacher et, en silence, pleurer sur leur sort. Ce n’est pas mieux les deux attitudes conduisent, directement ou non, à un mépris de ma vie, à l’amertume… Il faut du courage et du temps pour enfin découvrir que non seulement tu peux continuer à vivre lorsque tu ne peux donner la Vie comme tu le voudrais ou lorsqu’un être que tu aimais t’a quitté, mais que cette blessure qui s’est ouverte est porteuse de Vie.


B)  Le Poids : La Voie

Chacune de tes blessures porte un nom. Un nom que tu as en mémoire, même si ce nom est tellement triste que tu ne veux ou ne peux t’en souvenir. Elle est pourtant là. Cacher en ton cœur, en ton âme, attendant d’être réveiller pour se rouvrir. Toutes tes plaies ont un poids et pèsent sur tes épaules, parfois elles pèsent tellement lourdement que tu te sens écrasée, tu étouffe. Mais elles ont toutes pour origine une blessure unique, c’est ta « blessure – mère ». Cette blessure qui est la source de toutes les autres est aussi la voie de ton salut. C’est par elle que te peux donner la Vie aux autres. Mais tu es seul à pouvoir connaître toute l’ampleur de cette lésion, tout son poids.

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit: «Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, c'est ainsi que tu en as disposé dans ta bienveillance. Tout m'a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger»[2]


C)  L’exercice de la semaine

Cette semaine il convient de discerner avec ton accompagnateur lequel des 2 exercices correspond le mieux à ce qui est bon pour toi. Fais-lui confiance et surtout ne cherche pas à faire les deux car encore une fois il y a un temps pour tout. Et l’un des exercices n’est pas meilleur que l’autre. Le choix de l’exercice dépend du moment où tu en es dans ton histoire, de l’avancé que tu as fait durant dans les dernières semaines…
Même si tu connais ta blessure je t’invite à passer 2 jours sur le 1er exercice.

Si tu ne connais pas ta « Blessure- Mère » :

1)      La recherche de sa Blessure –mère ne peut se faire sans accompagnement, tant psychologique que spirituel. Il existe des gens sont là pour t’aider. Mais cette recherche ne se fait pas en une semaine. Là encore il faut du temps et par ailleurs tout le monde n’a pas besoin de réaliser une psychothérapie. Plus que jamais demande conseil à ton accompagnateur.
2)      N’aies pas peur de regarder ta vie et toutes ses blessures. Puis peu à peu remonte dans le temps blessure après blessure pour arriver à la « blessure – mère ». Ces exercices risquent fort de te vivre des sentiments de culpabilité et de honte. Regrettant tel bien que tu n’as pas fait, telle vie que tu n’as pas sauvée, que tu n’as pas donnée... Mais, ne te détourne pas, pleure cette vie perdue mais doucement pardonne-toi. Tu ne peux revenir en arrière. Rester dans les larmes te replierait sur toi.. Ainsi, délicatement tu apprendras à t’aimer tel que tues réellement.
3)      Alors, et alors seulement, réjouis-toi de l’enseignement qu’elle te donne pour offrir une Vie nouvelle à tous.



Si tu connais ta « Blessure- Mère » :

1)      Laisse-la reposer et ne perd plus ton temps et ton énergie à réfléchir pour savoir si tu aurais dire tels ou tels mots, si tu es responsable, si… si… Le temps n’est plus à l’analyse. Puisque tu connais ta « Blessure- Mère » cela signifie que cette analyse (très importante) a déjà était faite. Et j’espère avec quelqu’un de compétent. Maintenant il convient de laisser le temps œuvrer.
2)      Regarde là où tu donne la Vie. Et quelle vie tu donne. Une maman qui met un enfant au monde est dans la souffrance, mais quand l’enfant est là est dans la joie. Ainsi en est-il pour toi. Ne t’arrête pas à la difficulté, à la douleur que tu ressens. Mais avance.




D)  Les méditations de la semaine

*
*       *

Attention : cette méditation est à faire entre les 2 exercices si tu fais les deux durant la semaine ou le 6ème jour si tu fais uniquement le 1er exercice. Considère que le mort dont il est question ici est la vie que tu n’as pas donnée, cette vie que tu pleures.
Si 38.16 - 23
Mon fils, verse des larmes sur celui qui est mort ;
Comme un homme cruellement touché, entonne une complainte.
Donne à son corps la sépulture qui lui est due
Et ne néglige pas sa tombe.
Lamente-toi amèrement, pleure à chaudes larmes,
Fais le deuil qu'il mérite,
Un jour ou 2 pour éviter les médisances. Puis console-toi de ta peine.
Du chagrin en effet peut sortir la mort
Et l'affliction du cœur mine les forces.
Dans la détresse, chagrin permanent,
Et le cœur maudit une vie de pauvre.
N'abandonne pas ton cœur au chagrin,
Écarte-le et souviens-toi de la fin.
N'oublie pas, il n'y a pas de retour,
Tu ne seras d'aucune utilité au mort et tu te ferais du mal.
Souviens-toi que son sort sera aussi le tien : Moi hier, toi aujourd'hui.
Dès qu'un mort repose, cesse de songer à lui,
Console-toi de lui dès qu'il a rendu l'âme.

*
*       *

Le manque d’Adam (Gn 2,18 – 2,25)
1)      La situation de départ : Adam est seul dans le paradis. « Le SEIGNEUR Dieu dit: «Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée » mais rien ne lui correspond.
2)      La Blessure : Dieu, après avoir endormi Adam, lui ouvre le coté pour en tirer une côte.
3)      La vie donnée : L'homme s'écria : « Voici cette fois l'os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci, on l'appellera femme car c'est de l'homme qu'elle a été prise »
*
*       *

Job (1 & 2)
1)      La situation de départ : Job est un homme très riche qui possède de très grands biens (maisons, chameaux, troupeaux de petits et gros bétails… mais surtout il craignait Dieu et le servait fidèlement. Par ailleurs, il a 7 fis et 3 filles.
2)      La Blessure : Dieu permet à Satan d’éprouver la foi de Job en lui détruisant tous ses biens, en faisant mourir ses enfants, et enfin, en le meurtrissant jusque dans sa chair.
3)      La Vie donnée : « Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l'accepterions-nous pas aussi ? »

*
*       *



Blessure et joie d’Anne (1 Samuel 1 à 2,10)
1)      La situation de départ : Elqana avait deux femmes : Anne et Peninna. Peninna donne naissance a des fils et des filles tandis qu’Anne est stérile.
2)      La Blessure : Cette stérilité est d’autant plus difficile à vivre que Peninna se moque d’elle et lui fait des affronts. Aussi « pleine d’amertume, elle adressa une prière au SEIGNEUR en pleurant à chaudes larmes »
3)      La vie donnée : Anne promet de donner au Seigneur le garçon qu’Il lui donnera. Quelque temps plus tard, Anne mis au monde un fils : Samuel qui devient un des grands prophètes d’israël.

*
*       *

Joseph vendu par ses frères (Gn 37 à 47)
1)      La situation de départ : Joseph est le fils préfère de Jacob car il est le né dans sa vieillesse et à des songes. Ses frères sont jaloux de lui.
2)      La Blessure : Un jour qu’ils sont en pleine campagne, ses frères le prennent, lui retire sa tunique, le jette dans une citerne puis le vendent.
3)      La vie donnée : Joseph devenu le bras droit de Pharaon, accueille ses frères et toute sa famille en Égypte. Il les sauve de la faim.



LE 7ème Jour : Les deux Voies : Dt 30, 15 à 20


Vois: Je mets aujourd'hui devant toi
la vie et le bonheur,    la mort et le malheur.

Si tu écoute les commandements du Seigneur que je te donne aujourd'hui, si tu aime le SEIGNEUR ton Dieu, tu suis ses chemins, tu garde ses commandements, ses lois et ses coutumes, alors tu vivras, tu deviendras nombreux, et le SEIGNEUR ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession.

Mais si ton cœur se détourne, si tu n'écoutes pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd'hui: Vous disparaîtrez totalement, vous ne prolongerez pas vos jours sur la terre où tu vas entrer pour en prendre possession en passant le Jourdain.
J'en prends à témoin aujourd'hui contre vous le ciel et la terre : C’est la vie et la mort que j'ai mises devant vous, c'est la bénédiction et la malédiction.

Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le SEIGNEUR ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui. C'est ainsi que tu vivras et que tu prolongeras tes jours, en habitant sur la terre que le SEIGNEUR a juré de donner à tes pères Abraham, Isaac et Jacob.




[1] Si 10.26
[2] Mt 11.25 - 30

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire